Cela fait déjà quelques années (ça passe si vite le temps humain !) que la célèbre phrase de Shakespeare accepte de me révéler graduellement tous ses secrets. Toujours par étapes successives que je vais maintenant décrire : 

 

- "to be or not to be, that is the question !" 1ère étape

- "to be or not, to be that is the question !" 2ème étape ! 

Et puis il y a quelques mois, cette nouvelle étape : "to be or not, to be THAT, is the question !" 

Enfin, ultime étape, après m'avoir révélé tous ses secrets, cette phrase merveilleuse du poète m'a fait sa révérence en me révélant son dernier secret : sa disparition ! 

"To be or not, to BE THAT, is NO LONGER a question !" 

 

Fin de l'acte et de la pièce, gratitude infinie pour le poète ! 

 

Mitchélée 

le 20 novembre 2016

                                   

J’avais la joie de participer à un hommage rendu au grand artiste et génial professeur des Beaux Arts de Paris qu’était Abraham Pincas. Déjà, chanter dans la nef des Beaux Arts de Paris autour de son œuvre « Dix manteaux de peau et de Lumière » en présence de sa famille et de ses amis était un privilège pour moi mais Abraham qui était plutôt joyeux m’avait réservé une blague formidable… A la fin de la cérémonie, vers 21 h quand il était temps de recharger la voiture garée intra muros pour repartir, des étudiants avaient envahi les Beaux Arts et barricadé les accès… Aïe…

Ils étaient absolument charmants et quand ils m’ont demandé qui j’étais et ce que je faisais, j’ai simplement répondu que j’étais chanteuse/conteuse, intermittente du spectacle et que j’avais fini ma journée, qu’ils seraient gentils de me laisser passer avec ma voiture. « Qu’à cela ne tienne, chantez-nous quelque chose et on libère le passage » me dit l’un deux ! « Allez me chercher le porte-voix que je puisse m’exécuter » répondis-je… En attendant le porte-voix, je discute avec Lucie (la lumière en latin) et elle m’explique : « vous comprenez Madame, nous, on veut simplement une vie bonne ». Je suis touchée au plus profond par le choix des mots qu’elle emploie « une vie bonne » et je m’entends lui répondre que chacune, chacun, a absolument le droit d’avoir une « vie bonne »… J’en ai les larmes aux yeux, mais ouf, le porte-voix arrive et le chant qui me vient, est un chant d’Hildegarde Von Bingen, que je chante étonnée, dans le porte-voix, un chant qui va dans les ciels et que je fais suivre d’une improvisation et de sons harmoniques… Un silence envahit les Beaux Arts et voilà le mouvement social, écrin d’un chant mystique surréaliste pour le contexte. A la fin du chant, j’explique, toujours dans le porte-voix que je suis intermittente, que j’ai fini ma journée et que j’apprécierais beaucoup de pouvoir ressortir avec ma voiture… J’ajoute un « Bonne chance à tous » et me voilà ovationnée par tous ces jeunes gens, engagés dans un combat pour obtenir une « vie bonne »… C’est très joyeusement que je quitte les Beaux Arts de Paris avec un clin d’œil tendre pour Abraham Pincas qui était resté, j’en suis certaine, dans les parages !

 

Mitchélée

Mai 2016

Hmmm, je viens de passer 116 mn exquises, inoubliables... à goûter le documentaire de Bruno Monsaingeon que j'admire depuis toujours. Ses entretiens avec "Mademoiselle", son documentaire sur Glenn Gould et là, Yehudi Menuhin, "le violon du siècle". Un artiste tellement invitant, subtile, généreux, qu'il me permet, non pas d'écouter mais d'ETRE l'écoute l'écoutant et pleurant de joie... ou plutôt se laissant pleurer de joie. Une présence dans l'ici et maintenant de l'écoute. Il est vivant, là devant moi, jouant, commentant, riant à la vue de certaines images d'archives : Duke Ellington, Fischer Diskau, Grapelli etc... Tout est là, maintenant, dans l'instant où tous les temps se rencontrent... Bonheur absolu ! Gratitude à Bruno Monsaingeon qui n'en finit pas de nous rendre heureux, en amour total avec les artistes qu'il présente. Bien sûr que je vais vous donner le lien (je ne sais pas jusqu'à quand il fonctionnera mais...) le voici : <http://www.arte.tv/guide/fr/007620-000-A/le-violon-du-siecle?autoplay=1>.

Je n'ai pas pu m'empêcher dans l'après coup de ce documentaire délicieux de réfléchir à ces grands artistes musiciens, écrivains, plasticiens etc... qui invitent à la beauté et à l'éveil des consciences... Du coup, je me suis rappelée cet événement très attristant qui a eu lieu durant les "Nuits debout" où un homme de cette qualité là, grand penseur de notre temps, humaniste absolu, a été insulté, ainsi que sa femme. Bien sûr, je veux parler d'Alain Finkielkraut que je salue avec respect au passage de cette parole et à qui je témoigne ma gratitude pour l'éclairage qu'il apporte à chacune de ses émissions "répliques". 

Je constate du coup que j'aurais préféré des Nuits d'Eveil plutôt que des Nuits Debout qui mettent à terre les meilleurs d'entre nous. 

C'est hélas une fâcheuse habitude de l'Histoire. 

 

Mitchélée 

Avril 2016

 

Réveil du Printemps/Eveil du Printemps ?

 

J'ai quelques Printemps à mon actif mais je pourrais dire aujourd'hui "à mon passif". 

En effet, il fallait de la passivité pour ne pas voir qu'après la dentelle noire de laquelle émerge la lumière vive des cieux de l'hiver, les arbres se parent d'une sorte de duvet rose/rouge qui crée comme un halo flamboyant résonant avec ce halo de feu qui apparaît en Automne. 

Jusque là, au Printemps, je n'avais remarqué que des premiers bourgeons et des premiers feuillages au vert si tendre qu'il en était bouleversant de fragilité. 

Aujourd'hui, je contemple la matrice de ce vert tendre, ce halo rosé/rouge flamboyant et si tendre lui aussi. 

Cette découverte, bouleversante elle aussi, me plonge dans un bain où se mêlent les fragrances d'essences de joie et de gratitude. 

Un chant s'impose à moi : "Amazing Grace... I was blind and now I see". "Etonnante Grâce... j'étais aveugle et maintenant Je vois. 

 

"Ô ce couloir de verdure renaissante au-dessus de la croix cassée sur une tombe du cimetière en face de ma fenêtre ! Ô délice, belle échappée vers l'instant et... la Présence pure... 

Ohm... sweet Home !" 

 

Mitchélée 

le 17 mars 2016

 

TO BE OR NOT... TO BE "THAT"... IS THE QUESTION !

Nous voilà en année bissextile… j’ai laissé la rêverie m’envahir et constatant que bissextile signifiait « deux fois le sixième jour », je me suis demandé ce qui serait arrivé si Dieu avait disposé deux fois du sixième jour ! Mince, c’est justement celui de la création de l’Homme à son image ! Mâle et femelle, il les créa. En même temps que les bêtes sauvages elles-mêmes !

Bon, que serait-il arrivé si Dieu avait disposé de deux fois le sixième jour ! Et quand il aurait examiné sa double création, aurait-il trouvé cela « éminemment bien » comme indiqué dans Genèse 1-31 ?

Comme nous connaissons, dans l’après-coup de la création, la suite de cet « éminemment bien », alors aurions-nous eu deux fois plus de raisons de nous inquiéter pour le monde ?

Ou au contraire deux fois plus de raisons de nous réjouir de sa beauté ?

En tous cas, tous les quatre ans, quelque chose est ajoutée à l’année et contrairement à ce que disaient les croyances populaires, je n’ai jamais considéré ce jour de plus comme néfaste mais au contraire comme un jour apportant une âme supplémentaire au Monde.

Je crois que 2016, parce qu’elle vient de recevoir ce supplément d’âme va constituer les prémices d’une révolution planétaire en marche vers plus de lumineux !

D’abord, les femmes que j’appelle encore cette année pour la journée internationale de la femme, le 8 mars prochain à « offrir leurs cheveux et leurs visages au vent ! »

(cf lien sur U-tube, merci de faire circuler au plus grand nombre : https://www.youtube.com/watch?v=MGq4yE7Jk5M)

sont celles par qui cette révolution vers le lumineux est possible et, je nous connais assez pour savoir que c’est le choix que nous ferons toutes ensemble !

Ensuite, parce qu’à force d’impasses, nous n’aurons pas d’autres choix que de revenir à la Source vive, c’est-à-dire à cette Joie qui est notre nature profonde ! Joy, joy, joy, comme disent mes amis les « baûls » !

L’année bissextile nous dit que le temps de l’obscurantisme est révolu et que la Source vive n’a jamais cessé de jaillir mais que nous avions simplement cessé de regarder dans sa direction !

Pourquoi ce regain de belles prophéties pour le Monde, peut-être parce que la lumière du Printemps a jailli ce matin dans le ciel de Paris et aussi parce que notre pauvre monde en a besoin… à notre tour de le soutenir !

Alors voilà, je vais chanter les « sources vives » le 30 mars prochain à Paris Xème (infos et réservations en appelant le 01 42 40 40 97.

Et je redonnerai « Forêt de taliths », mis en scène par Elio Suhamy, le 21 avril prochain à la Vieille grille (infos et résas auprès d’Ariane et Passerelles à <arianeetpasserelles@gmail.com>…

De quoi recharger les batteries et ouvrir les cœurs et les âmes… En « écho » à ce cher Umberto que j’appréciais tant.

 

Mitchélée 

février 2016

Il m’est pénible ce mois-ci de m’atteler à la rédaction de ma « parole du moment ». Non que je n’apprécie ce rendez-vous mais voici qu’il me confronte de plus en plus à un sentiment d’impuissance abyssale qui me fait douter du pouvoir des mots qui pourtant, et jusqu’à présent, constituaient pour moi « le » refuge par excellence. Mais les mots sont pervertis comme ils l’étaient du temps sinistre de la « langue du IIIème Reich ».
Les mots n’ont pas empêché Angela Merkel de recevoir en son temps et avec tapis rouge un frère musulman (cf parole janvier 2013) et ils n’ont pas empêché le Président Hollande de recevoir le Président iranien Hassan Rouhani, et en grande pompe lui aussi !

Je ne parlerai pas ici des exactions qui sont commises sous sa présidence, j’aborderais les problématiques sous un angle dont vous savez maintenant combien il est essentiel pour moi : celui des femmes. La charia (loi islamique) est de rigueur sous sa présidence et nous ne devons pas perdre de vue que ce pays à qui la communauté internationale a décidé de faire confiance pour le développement du nucléaire interdit à la moitié de sa population de montrer ses cheveux !!!  Cette moitié de la population est d’ailleurs considérée par la loi islamique comme une sous espèce de l’humanité puisque devant les tribunaux le témoignage d’un homme équivaut à celui de deux femmes même si celles-ci ont de hautes responsabilités professionnelles !

Quand je disais que les mots étaient pervertis tout à l’heure, je me référais à ce drame qui a eu lieu lors de la Saint-Sylvestre en Allemagne et dont nous savons les tristes rebondissements suédois ! Au journal ARTE, la journaliste a qualifié ces drames (je vous rappelle agressions sexuelles, vols, viols etc.) d’INCIDENTS !

Décidément, la femme constitue ce que j’appelle le POINT AVEUGLE de notre Monde.

D’ailleurs, tellement aveugle que la police suédoise n’avait pas souhaité divulguer les plaintes de centaines de femmes ayant subi elles aussi des agressions sexuelles, tout simplement parce qu’elles désignaient des musulmans comme leurs agresseurs !

Rien d’étonnant du coup que le monde accepte de redonner une place (prépondérante) à un pays qui continue d’asservir la moitié de sa population (les femmes), je veux bien entendu parler de l’Iran !

D’aucun vous diront qu’il faut laisser du temps aux iraniennes pour se libérer d’elles-mêmes. Ce à quoi je leur oppose que si nous en avions décidé ainsi pour l’esclavage, il ne serait pas aboli à l’heure qu’il est ! Nous considérons que l’esclavage est une aberration et qu’il n’est humainement pas acceptable ! Et nous avons raison. Nous devons aussi considérer que la hiérarchie qui voudrait qu’une femme soit un être inférieur qui mérite d’être soumis à des lois iniques qui font d’elle la moitié d’un homme devant la loi et l’obligent à cacher son visage, son corps, ses cheveux, est tout aussi insupportable !

Je me demande comment feront les femmes politiques comme Angela Merkel quand elles devront se rendre en Iran. Si elles acceptent de cacher leurs cheveux, nous occidentaux, nous serons soumis, nous aussi à la charia ! Autrefois, nous faisions attention à respecter les lieux de cultes (pas de mini jupes, bras nus, shorts…) et pour des lieux de culte, c’était la moindre des choses ! Mais nous parlons aujourd’hui de se soumettre à une interdiction pour les femmes de se promener en cheveux parce qu’elles sont nées femmes ! Nous rentrons dans la définition de ce que l’on nomme le racisme ! (Une idéologie qui pose pour postulat qu’une catégorie d’individus est intrinsèquement supérieure à une autre).

Là aussi, le langage est perverti, considérer que les femmes sont des êtres inférieurs est purement et simplement du racisme. On a appelé cela du sexisme pour ne pas faire face à la réalité du phénomène : du racisme vous dis-je !

L’Iran veut s’ouvrir au tourisme, qu’à cela ne tienne, que le pays accepte de recevoir des touristes « en cheveux » !  Ne soyons pas complices de ce racisme envers les femmes !  Femmes, boycottons l’Iran sur le plan touristique tant que ne pourrons pas le visiter « en cheveux ! ». Attention, accepter de porter le voile in situ ne participe pas d’un folklore mais équivaut à un acte politique ! Restons conscients de cela…

 

Mitchélée

Janvier 2016

Je n’ai pas publié de parole du moment pour le mois de novembre. J’avais en effet failli avaler mon clavier quand d’autres avalent leur crayon !

Et pour cause, l’inversion des valeurs est telle en ce moment que même la Nature n’y retrouve plus ses petits ! Le 1er décembre, une guêpe a essayé de rentrer dans ma chambre et les moustiques m’ont piquée (comme d’hab’ adorent mon suc !) en plein mois de décembre !

Pour ce qui est du monde humain, le prix Nobel de la Paix a été attribué à un « quartet » dont l’un des membres tunisiens est tout de même un parti musulman radical ! Rien d’étonnant du coup que l’on consacre des bulletins télévisés entiers à la mort d’un chef terroriste peut-être tué par Israël mais sans confirmation, en pleurant presque sur son sort, ce qui est le comble du comble.

Plus à l’Ouest,  on laisse impunément le calife de Turquie Erdogan abattre un avion russe sans même sourciller. Ce même Erdogan que je soupçonne d’avoir personnellement orchestré l’attentat perpétré contre les kurdes lors de leur dernière manifestation. Erdogan a suffisamment d’acquintance avec Daesh pour obtenir tous les services qui vont servir son ascension ! Heureusement, les califes finiront par s’entretuer pour le pouvoir mais en attendant, il en profite Erdogan. Il a même repris les négociations pour l’entrée de la Turquie dans la communauté européenne. Là, j’avale mon crayon et mon clavier !

Les amis, je vous le dis sans restriction, le jour où un pays dont le Président est accompagné d’une femme voilée, accèdera à l’Europe, je déchirerai mon passeport européen et deviendrai apatride, ce que je me sens être depuis toujours d’ailleurs.

Et puis il y a eu les élections régionales et les résultats du premier tour et mon grand étonnement qui accompagnait non pas les résultats assez prévisibles somme toute mais l’étonnement des journalistes face à ces résultats. J’ai entendu des commentaires qui m’ont donné la nausée. Le monde de la presse ne veut pas voir la réalité des peurs suscitées par une radicalisation d’une partie d’une population qui affiche une idéologie meurtrière et cela sans vergogne comme autrefois en Allemagne les premiers nazis affichaient la leur…  et sur des territoires démocratiques ! Il est fâcheux que ce soit le Front National qui profite de cette faille béante laissée par les medias.

Une fin d’année vraiment difficile avec en toile de fond, l’inexorable fonte des glaces qui nous promet bien des catastrophes.

Pourtant, mon espérance reste intacte. Est-ce l’esprit de Noël qui, déjà, illumine mon cœur ? En fait, la vie est comme un stéréogramme, vous pensez que l’image que vous voyez est l’image ultime, qu’il n’y a rien d’autre et donc plus de quoi espérer !

Et là, vous chaussez votre « œil magique » et regardez de nouveau cette même image à travers ce nouveau prisme et hop ! apparaît un miracle, une nouvelle image inespérée, improbable qui réjouit votre cœur et vous reconnecte immédiatement à une joie profonde que vous aviez pensé avoir perdu !

Si j’écris cette parole de novembre au trois quart de décembre, c’est que j’aimerais donner à travers cet exemple du stéréogramme de quoi désaltérer notre espérance dans l'esprit des lumières de Hanoukah et de Noël. 

Que la joie de cette émergence de l’improbable nous réjouisse profondément et nous éclaire de l’intérieur malgré les turbulences.

A la renaissance à chaque instant, de cet être fragile qui est en chacun de nous et qui paradoxalement, nous distille une force considérable, celle d’espérer encore dans la puissance de la fraternité. J’en profite pour saluer un vrai frère sur le chemin : Jean-Marie Pelt.

A la vie, à la joie, à la Lumière,

Mitchélée

Le 24 décembre 2015

 Le mois d’octobre aura été un mois flamboyant, de cet automne étrange qui n’en finit pas d’offrir ses couleurs chatoyantes à nos regards émerveillés ; et sa douce température à l’arrière goût encore estival. Chaque jour, je me disais : « pourvu que les températures restent clémentes, car sinon, nous commencerons à compter les morts sur les routes d’Europe si le froid et la pluie commencent à sévir ».

Plus il faisait doux, plus cela me rassurait un peu pour tous ces gens sur les routes dont je pense toujours que nous avons le devoir de leur rendre leurs pays aux chemins parfumés de ces odeurs familières qui étaient les leurs (cf. ma parole du moment pour le mois d’août publiée début sept.).

J’avais des RV avec des événements précis dont un atelier que j’animais pour le Festival du Yoga le 26 octobre : la saveur du son…

Dans la saveur du son, il y a bien entendu, la saveur de la vie, du vivant…  Du coup, j’étais heureuse de commencer aussi les répétitions de mon prochain spectacle « Forêt de taliths » qui se veut une célébration de la vie. Je réalise en écrivant cela que tout ce que je fais depuis des années, consiste à célébrer la vie. Certes, avec un nouveau point de vue à chaque fois, une nouvelle déclinaison mais bon, la vie, la vie, la vie…

Mais célébrer la vie ne veut pas dire ne pas regarder ce qui est, détourner le regard et la conscience de ce qui ne nous convient pas…

Je serai invitée le 1er novembre, avec les enfants de la classe de Gennevilliers à participer aux 24h pour la Terre et je m’en réjouis… Il est grand temps que nous prenions la pleine mesure du désastre écologique…

Dans les nouvelles à venir, il y a aussi la remise du prix Goncourt et Boualem Sansal est l’écrivain que j’aimerais voir recevoir ce prix. Quel courage cet homme qui dit les choses telles qu’elles sont, sans se voiler la face, au prix de bien des risques pour lui-même et les siens. J’avais été impressionnée par son « village de l’allemand » et je me suis réjouie qu’il ose aborder la question taboue, celle de l’islamisation fondamentaliste du monde.

Je sais aussi qu’il est en compétition avec le livre de Mathias Enard et j’espère que celui-ci ne l’aura pas car il me semble que si le jury du Goncourt choisissait ce dernier, cela équivaudrait, toutes proportions gardées, à privilégier les théories climato-sceptiques à celles qui tentent de nous mettre en garde contre les désastres climatiques…

C’est un livre qui semble en effet, nous inviter à ne pas avoir peur de cette islamisation fondamentaliste en marche. A l'époque de la montée du nazisme, il devait probablement y avoir aussi des allemands qui soutenaient que Hitler n'était pas à craindre !

Je n’ai hélas pas beaucoup d’espoir et crains que, comme à l’habitude, la politique de l’autruche ait gain de cause.

On verra bien, en attendant, je me prépare à participer aux 24h pour la Terre et  je poursuis mon travail de préparation de « Forêt de taliths » que je pense à créer depuis maintenant 25 ans.

 

Mitchélée

Le 31 octobre 2015 (mis en ligne le 5 novembre : comme je l’avais prévu, c’est Mathias Enard qui a obtenu le Goncourt…) 

 

Rien n’est plus beau que les couleurs de feu de toutes ces feuilles qui frétillent sous le vent et qui font de l’automne LA saison la plus propice à l’illumination ! Comment ne pas être illuminé par tant de beauté, comment ne pas se vivre au-dedans comme un être de gratitude en mouvement… Toutes les feuilles rient et chantent, et dansent sous les assauts du vent, la danse du mouvement et de la vie…

J’ai la chance d’avoir vue sur un arbre magnifique depuis ma chambre où j’essaye de récupérer d’un refroidissement de « changement de saison ». Mon arbre m’aide à patienter et quand toutes ses feuilles frétillent, j’ai l’impression qu’il me souffle un message secret de sagesse : « mes feuilles sont comme toutes tes petites cellules, laisse les danser, regarde, je te montre ! » et le voilà qu’il frétille mon arbre de toutes ses feuilles. Et voilà que je ris aux éclats entre deux quintes de toux ! 

A ce moment, tout est loin, le bruit du monde, la fureur des événements de septembre, même les événements futurs ne sont plus présents dans la tête.  

Tout laisse la place à un grand éclat de rire !

 

Je me dis, avant de me laisser somnoler par la fièvre : « tout est lumineux » !

Mitchélée

(septembre 2015)

La vacance… Quel bonheur ce temps où les repères et les priorités sont tout chamboulés. Où l’urgent consiste à ne pas « louper » le soleil du jour pour aller se baigner, à arriver à temps pour prendre le bateau qui vous conduira sur une île pour la journée, à courir aller acheter du poisson avant la fin de la criée du matin... à courir sur la plage pour trouver le coquillage jaune qu’il manque à la poupée éphémère créée sur le sable et que vous voulez terminer avant que la marée montante ne l’engloutisse !

Comme le tumulte du monde semble loin, ce ne sont que bruit de vagues, cris d’enfants et de mouettes se donnant la réplique…

Et puis c’est la rentrée et le raz-de-marée nauséabond de l’actualité du monde qui nous ferait tout oublier : le sable chaud, le festival d’Avignon, les rencontres magnifiques de l’été et tout ce qui nourrit et redonne de la vie au Monde…

Soudain, c’est le chaos planétaire qui reprend sa place sur le tableau entre destruction toujours plus progressive de trésors de l’humanité, et destruction de l’idée d’humanité elle-même, mépris pour les professions qui ont encore le courage de nous nourrir et petit corps humilié dans un ascenseur parisien ou sans vie sur une plage... 

Décidément, c’est bien le visage paradoxal du vieux sage hassidique décrit dans un des livres de Chaïm Potok qui nous revient en mémoire, ce visage souriant d’un côté parce qu’émerveillé et plein de gratitude pour le monde et pleurant de l’autre sur le même pauvre monde… Je me rappelle que lorsque j’avais lu cette description, j’en avais été émue aux larmes tant elle me paraissait inévitable. 

Pourtant, au-delà de l’émotion, je suis totalement étonnée du cours que prennent les événements… Les déchirements suscités par l’immigration massive empêche de faire entendre le bon sens ! Là, devant nous !

Notre pauvre monde est un grand corps malade gangrené en beaucoup d’endroits mais s’il y a un foyer d’infection principal, c’est bien le foyer « Daesh » et l’islamisme radical qui se répand comme un fléau qui ressemble en bien des points au fléau nazi…(normal vous allez me dire puisqu’ils ont une histoire commune d’étroite collaboration !) et qui pousse progressivement toutes les populations hors de ses territoires qui s’étendent dramatiquement. Et je ne parle pas des dommages collatéraux inattendus comme les exactions « opportunistes » faites par le gouvernement turc contre les kurdes.

L’Etat islamique et ses ramifications constitue le foyer d’infection prioritaire dont il faut se charger ! Les diversions nous font perdre un temps précieux face à ces barbares…

Tous ces pauvres gens, obligés de quitter d’urgence leurs maisons, s’entretuant pour une place de train ou mourant au cours du voyage, ont besoin que nous fassions une action concrète pour qu’ils récupèrent enfin leurs foyers (pas seulement en Syrie mais aussi en Iraq, au Yémen…) ainsi que les senteurs des chemins qu’ils parcouraient quotidiennement, et surtout pour qu’ils récupèrent leur intégrité d’humains…

Pour cela, il faut d’urgence leur rendre leurs pays respectifs… et les aider à reconstruire leurs maisons, leurs foyers, pour pouvoir vivre librement dans ces terres qu’ils aiment et qui les faisaient chanter et danser et rire et jouer… avant la catastrophe fondamentaliste !

Dans la magnifique biographie de Ghandi rédigée par une femme que j’admire beaucoup, Christine Jordis, celui-ci explique à un moment (je le dis avec mes mots) qu’il a pu appliquer le principe de « non-violence » car, en face de lui, il avait une vraie démocratie, l’Angleterre et précisait que les choses n’auraient probablement pas été possibles si Hitler avait été son interlocuteur…

Y aura-t-il un « Général de Gaulle de l’Orient libre » pour soulever et fédérer, avec notre aide, nous les alliés de ces victimes terrifiées du fléau islamiste, la résistance de toutes ces populations déchirées ?

La guerre est hélas parfois nécessaire, nous le savons chaque fois que nous attrapons la "crève" et que notre corps entre en guerre pour nous protéger !!! Il est temps que Daesh, et toutes les arborescences de l’islamisme radical qui gangrènent notre planète soient combattus… et qu’en lieu et place de ces drapeaux noirs arrogants, nous retrouvions les couleurs ethniques de tous ceux qui cherchent désespérément refuge à nos portes et dont nous ne pouvons plus ignorer la souffrance de l’exil !!!

Il est aussi difficile pour la pacifiste convaincue que je suis de prononcer le mot « Guerre » que cela devait l’être pour les pacifistes des pays alliés ou même de l’Allemagne devenant nazie de le prononcer… mais la seconde guerre mondiale aura été nécessaire pour éradiquer la barbarie nazie en Europe. Les islamistes en sont les rejetons et il est temps d’en finir avec eux aussi…  

 

Mitchélée

Juillet/août 2015 (mise en ligne le 4 septembre)

Un mois de juin encore fort inquiétant avec son lot de violences assassines et l’endormissement de nos valeurs. Et, catastrophique (du mot grec qui signifie « la dernière strophe !), la possibilité de la sortie de la Grèce de l’Union européenne !!!

Nous devons aux grecs tant de mots à l’étymologie riche mais pas seulement… Notre premier pied de vigne qui fait la qualité aujourd’hui reconnue de nos vignobles !!!

Et tant d’autres choses…

En vérité, je vous le dis, si la Grèce quitte l’Europe, celle-ci qui lui doit aussi son NOM, implosera purement et simplement !!!

Si notre Europe n’est plus solidaire, alors, le rêve premier de ses constructeurs sera anéanti pour laisser place à un retour vers un passé plus douteux !

J’écris ces lignes le 1er jour de juillet et je les enveloppe d’une prière pour notre Europe malade où l’on met aujourd’hui plus de moyens pour empêcher que des familles humiliées et menacées puissent s’y établir pour retrouver une relative paix, que les moyens nécessaires pour éradiquer les antennes terroristes qui commencent à fleurir un peu partout !

Oui, l’Europe est malade et il nous faut la remettre face à ses responsabilités, nous, ses citoyens et lui réapprendre les valeurs humanistes les plus fondamentales qu’elle semble avoir oublié ainsi que l’étymologie dont elle est issue (« large terre » ou « femme aimante ! »)…

Je suis heureuse de présenter à Avignon cet été Saül Tchernichovsky, un poète passionné par les poètes grecs…

Je viens juste d’arriver et déjà, la chaleur écrasante m’a saisie… j’ai déposé mon matériel au Vieux balancier et j’ai battu les pavés avec mon amie Béné pour distribuer des tracts… Demain filage et vendredi 4, la première !!! Entretemps, répétitions à gogo pour se préparer ! Un autre monde s’ouvre, celui des spectacles et des amis artistes qui fébrilement s’affèrent de tous côtés !!! « Oh mais tu es là, toi, tu présentes quoi cette année ???... ». Les retrouvailles sont joyeuses et chaleureuses comme le temps ici !

 

Mitchélée,

Juin 2015

Lorsque une femme est enceinte mais que sa grossesse comporte des risques, une expression magnifique est utilisée par la sécurité sociale pour désigner la nécessaire protection dont elle a besoin pour mener à bien cette grossesse et qui figure sur tous les documents médicaux qui l’accompagnent : « grossesse précieuse ». L’on doit ce souci de protéger les plus fragiles via la Sécurité sociale » au Comité National de la Résistance qui, après la guerre de 39-45 a voulu donner une direction éthique à tout un système politique.

J’ai toujours été émue par cette expression et même je nous voyais nous, femmes dans les bras invincibles d’une Marianne protectrice. Naïve me direz-vous… peut-être, en tout cas confiante. Ça tombe bien, aujourd’hui, c’est la « fête des mères ».

 

J’ai toujours fait un certain parallèle entre ces « grossesses précieuses » et les « gestations précieuses » qui caractérisent la création artistique. J’ai toujours pensé qu’un vrai pays démocratique se devait de protéger la création. C’est d’ailleurs le cas en Inde, démocratie par excellence et quoi qu’en disent des personnes qui n’y sont pourtant jamais allées. Les artistes en tous cas, sont considérés comme des Saints et c’est un honneur de les recevoir… Aucun officiel n’oserait se passer d’un artiste lors d’un événement et je vous assure que celui-ci est un « invité électron libre ! ». Et en plus, les officiels se prosternent à ses pieds !

 

Je n’irai pas jusque là pour notre pays –quoique-… mais là, tout de même, les bornes sont dépassées :  les artistes sont de plus en plus paupérisés en France et bien que nous ayons, paraît-il, le modèle le plus extraordinaire, paradoxalement, nous annulons cette année, 150 festivals (et donc 150 possibilités pour les artistes de se produire !) et je ne parle pas des budgets réduits à peau de chagrin, des festivals encore d’actualité.

Les artistes sont obligés de faire appel aux dons pour proposer leurs créations et je n’échappe pas à la règle pour préparer Avignon 2015 et la suite !


De la même façon, notre « Vieille Grille », théâtre chargé de toute une histoire a été obligée d’organiser une fête sur 3 jours pour se sortir du marasme économique dans lequel elle se trouvait…

Certes, un conflit avec la propriétaire des lieux mais aucune soupape financière pour se défendre car cela fait bien des années qu’elle ne bénéficie plus d’aucune subvention…

J’étais heureuse de participer au sauvetage de la Vieille Grille et je prie pour qu’il soit de longue durée. J’ai été touchée de la spontanéité des artistes venus, comme moi, bénévolement pour sauver notre Vieille Grille et du public aussi généreux et attentif que nous à la tirer de son embarras.

Nous étions pendant ces trois jours dans un « hors temps » délicieux qui nous obligeait tous à suspendre toutes nos activités et à devenir les protecteurs de ce « théâtre précieux ».

 

J’ai écrit dans une de mes paroles du moment qu’une société digne de ce nom devait protéger ses plus fragiles, que je qualifierais de « précieux ». Pourtant, c’est tout le contraire qui se met en place de façon sournoise, en voici un autre exemple récent : une salariée d’un Centre d’Aide par le Travail (maintenant ESAT) me disait craindre le pire depuis qu’un gestionnaire était venu diriger le lieu et que, depuis un mois maintenant on avait changé l’appellation de son « Bulletin de salaire » en « Rémunération garantie ». Elle était sans dessus dessous craignant que la nouvelle appellation ne donne lieu à une baisse de son salaire…

Un changement dans le langage qui terrifie les handicapés qui sont pourtant nos « précieux » et ne devraient pas avoir à s’inquiéter de voir le socle de leur protection s’ébranler sans crier gare…

Décidément, notre société est bien malade !


Mais à quoi ça sert d’écrire tout cela ? A rien,  si ce n’est mettre des mots là où ça fait mal…

J’ai été encouragée en cela par le merveilleux auteur japonais Kenzaburô Oé, qui, interviewé récemment, disait à son interlocutrice, en plus de demander solennellement que toutes les centrales nucléaires soient neutralisées, deux choses magnifiques : d’abord que c'est en fait son fils handicapé (il a 50 ans aujourd’hui) qui l’a vraiment élevé ! et, ensuite, répondant à la question « quel est votre mot préféré en japonais », il a répondu : « KOTOBA », le mot (le langage aussi)… il était bouleversant !

Du coup, j’ai repris courageusement mon clavier et vous salue ainsi que ma maman qui est dans les nuages et qui manque beaucoup à sa « précieuse »…  

 

Mitchélée

Mai 2015

Le toit du monde s’est écroulé… et a emporté avec lui des milliers de morts mais aussi toute une époque… ce qui faisait sans doute ce que l’on nommait le « psychédélique ». Cette période semble tellement lointaine aujourd’hui que, lorsque nous l’évoquons, les images nous paraissent pour le coup, des hallucinations… Avons-nous vécu ces périodes d’insouciance "coûte que coûte" des années 70-80 où les shorts papillons rivalisaient avec les pantalons pattes d’éléphant et les chemises cintrées à carreaux ? Katmandu… destination « accross the universe » comme le chantait les Beatles… "Jay Guru Deva, nothing’s gonna change my world !"

Un goût de liberté (à jamais ?) perdu ?  C’est tout un art de trouver en soi-même la joie profonde… de passer toutes les croyances et les convictions au filtre de sa propre intelligence… de ne jamais accepter d’intégrer pour soi des façons de faire ou de penser qui n’aient traversé ce filtre là… encore faut-il me direz-vous posséder une intelligence propre. Et, à cet égard, tant de jeunes gens sont formatés et conditionnés aujourd'hui et surtout dénués de tout sens critique, qu’il nous est difficile d’être optimiste… mais pas impossible... d'autres jeunes gens sont remarquablement éclairés ! 

Mais jusque là, ce qui faisait la différence, c’était sans aucun doute le voyage… la possibilité de partir pour découvrir des peuples tellement vibrant d’altérité qu’il nous était impossible d’en revenir « intacts ». Comme disait le poète Roberto Juarroz, « on ne revient d’aucun voyage »… Nous parlons lui et moi de ces sortes de voyages qui font que vingt fois, comme disait Lamartine, le voyageur va changer la forme de sa pensée et de sa vie.

Seulement voilà, regardons la réalité en face, avec l’avancée constante du fondamentalisme et de l’intégrisme de certains pays musulmans, les destinations vont se faire de plus en plus rares. De plus en plus de pays deviennent infréquentables et même repoussants dans leur souci de s’homogénéiser en se débarrassant de tous ces peuples minoritaires qui faisaient pourtant la richesse de ces destinations… L’uniformisation est en marche et avec elle, la destruction de plusieurs siècles d’expression artistique plurielle…

Alors oui, le toit du monde s’est écroulé (l'on pourrait dire pour la seconde fois, la première fois symboliquement au-dessus des camps de la mort) et avec lui, les couleurs du Monde et la légèreté d’être… oui le monde a changé de manière insidieuse, rhyzomatique et tout en profondeur.

 

Il nous faudra sans doute beaucoup de créativité pour inverser la tendance… et toute la force d’amour que nous offre encore la contemplation d’un beau paysage, d’un oiseau construisant son nid au printemps ou d’une cascade tombant sur un mur de verdure mais aussi dans la contemplation d’une œuvre d’art. La victoire de Samothrace ou la Vénus de Milo, les avez-vous revues récemment ? Que de beauté... et la joie du chant ? le miracle de la musique ? 

Cette force là, je la puise aussi dans la contemplation étonnée de la beauté du visage d’autrui. Chaque visage : un univers tout entier. Encore faut-il que cette beauté ne soit jamais soustraite à notre contemplation, comme je le dis dans mon spectacle.

 

Refusons catégoriquement d’emprunter un chemin où l'art est absent… Réveillons-nous ! Reconstruisons un toit pour le Monde plus solide et qui ne nous empêchera ni de chanter ni de contempler le ciel étoilé.

 

Mitchélée

Avril 2015

                                                               Une fleur tombée

Remonte à sa branche

Non, c'est un papillon!

 

Moritake

En juin 2009, nos sœurs de Téhéran jetaient leurs burqas et leurs voiles et manifestaient pour leurs droits. Certaines ont reçu une balle dans la tête comme réponse à leur courage…

Aujourd’hui, les iraniennes ont, pour certaines, acquis le droit (rendez vous compte, quelle aubaine !) de laisser dépasser quelques mèches de cheveux de leurs voiles mais elles n’ont toujours pas le choix, ni la possibilité de sortir « en cheveux » comme on disait autrefois… comprenez bien, elles ont l’interdiction absolue d’offrir leurs cheveux au vent !  Tout comme n’importe quelle femme venue d’ailleurs est dans l’obligation absolue, jusqu’à aujourd’hui, de se couvrir la tête dans la rue pour pouvoir circuler dans ce pays ! Même Angela Merkel ou Catherine Ashton seraient tenues de le faire si elles se déplaçaient en Iran ! Incroyable non ??? Je ne vous parle pas de porter un voile pour respecter un lieu considéré comme sacré, je vous parle d’un voile pour circuler en plein air, dans la rue ou au bord de la mer !!!

C’est pourtant à ce pays, l’Iran, que le droit d’enrichir de l’uranium a été accordé en ce mois de mars turbulent ! C’est-à-dire, et quoiqu’en disent les medias, la possibilité pour eux, de fabriquer (sous cape) la bombe atomique ! Je n’en n’ai pas cru mes oreilles !!! Le pays où les cinéastes sont assignés à résidence pour avoir défendu les droits humains ! Je me demande quelle a été la réaction (nue et claire !) d’un Salman Rushdie…

Le monde est-il décidément devenu fou ???

De mon côté, j’ai passé une grande partie du mois à diffuser avec mes camarades de théâtre la parole d’amour la plus sensuelle, charnelle et mystique qui puisse exister à savoir « le chant des chants », le cantique des cantiques, épisode biblique incroyable et bouleversant (cf rubrique fiches techniques spectacles), merveilleusement accueilli par un public heureux…

Tout cela en découvrant, dans les « interstices » des répétitions, l’horreur des passagers emportés vers la mort par le suicide d’un jeune pilote en dépression, l’horreur des assassinats perpétrés par les islamistes et éclipsés par la grande marée du siècle et l’éclipse du soleil lui-même… de quoi en perdre le souffle !

Je pensais que cela suffisait bien pour le mois de mars 2015, mais non, il fallait encore persévérer (se perdre sévèrement) en ouvrant les portes du nucléaire à l’Iran !

Mais heureusement, la ville de Strasbourg a instauré une interdiction de fumer un jour sur deux en plein air !!! Fabriquer la bombe dans le pays où les femmes ne peuvent circuler tête nue, même pas un jour sur deux, c’est oui ; mais fumer en plein air quand on le souhaite, c’est non… Aaaaaarrrggghhhhhhh… (c’est le cri de Rahan que j’ai poussé en ce début du mois d’avril !!!) Surréaliste vous dis-je !!! Au secours, sauve qui peut !!! notre pauvre monde marche sur la tête…

Je pensais, essoufflée, que nous en resterions là pour le mois de mars… que nenni !!!

Car, pour couronner le tout, la RATP vient d’afficher partout dans les couloirs du métro cette affiche mettant en scène un couple à têtes d'oiseaux -des inséparables- (entre autres affiches, merci à Claire qui me l’a signalée…) :

« qui roucoule au milieu du passage, crée forcément embouteillage… restons civils sur toute la ligne »…

Ça y’est, c’est fait, la tendresse dans le métro, finie !!! Les amoureux qui s’bécotent dans les rames publiques’, sont incivils !!! Le rubi-con a été définitivement franchi et nous voilà sommés, à notre tour, sous couvert de respecter les autres, de voiler nos expressions amoureuses qui, il faut l’avouer, faisaient tout le charme de notre Paname !!! A quand l’interdiction de s’aimer après 22h pour ne pas créer de nuisances sonores ??? Ce qui vient est énorme et je vous en fais le serment solennel, aucun pays quel qu’il soit, ni gouvernement, quel qu’il soit, ne m’interdira d’offrir mes cheveux et mon visage au vent ni ne m’interdira de vivre cette expérience exquise de plonger peau au contact de l’eau dans la mer, pour le plaisir de ressentir que je suis encore vivante et que je fais union avec cette nature magnifique qui n’en finit pas de pleurer sur l’absurde que nous humains,  générons à chaque instant !

La seule chose qui me laisse espérer, c’est qu’être pour moi est un acte performatif de résistance…  eh oui, je suis chanteuse et comme je vous l’ai dit à plusieurs reprises, le chant des femmes est interdit dans des pays de plus en plus nombreux… il ne me reste donc… qu’à chanter… jusqu’à la fin ! God, shall I be singing when I die !!!

C’est donc avec plaisir que j’accueille les perspectives de chanter et de « poétiser »… prochain rendez-vous le 16 avril, à la Vieille Grille… je vous y espère pour espérer ensemble. René Char ne disait-il pas : « le réel parfois désaltère l’espérance, c’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit »… Nous fabriquerons ce « contre toute attente… ».

Ah oui, au fait, j’oubliais, je soutiens les personnels de Radio France, et je vous assure pourtant que France Culture, ma radio préférée, me manque terriblement !

 

Bonne fête de Norouz (nouvel an iranien et fête de la lumière que j'aurais préférée moins radioactive), bonne fête de Pessah et joyeuse Pâque à celles et ceux qui célèbrent le passage bien étroit de ce Printemps 2015… 

 

Mitchélée

Mars 2015

"Va à Ninive et préviens le peuple que je vais tout détruire demanda l’Eternel à Jonas (Colombe en hébreu !". Parce qu’il trouvait cette injonction indigne de la magnificence de son Dieu, Jonas fuit vers Tarsis à l’opposé de Ninive et le bateau dans lequel il était monté à bord se mit à tanguer, tanguer, tant et si bien que l’équipage se demanda très vite qui pourrait être cause d’un tel courroux de Dieu… Très vite, le sort leur apprit que Jonas était celui qui avait défié Dieu et leur portait malheur. Alors, et bien que cela leur en coûta, ils jetèrent Jonas à l’eau avec la prière que Dieu l’épargnerait… Aussitôt à l’eau, la tempête cessa et bientôt Jonas fût avalé par un grand poisson et y resta 3 jours et 3 nuits.  A l’issue de ce temps, Dieu lui rappela sa mission et le renvoya à Ninive, à trois jours de là. Dès qu’il prévint du dessein de Dieu, le Roi décida d’un jeûne pour tous les habitants, bétail compris, en signe de repentance… Dieu accepta ce signe de repentance et devant leur sincérité, les épargna tous.

Jonas ressentit de la colère… n’était-ce pas ce qu’il avait envisagé de la part du plus clément des Dieux, n’était-ce pas pour cela qu’il n’avait pas obéi et avait fui vers Tarsis ?

Dieu, qui avait vu que Jonas était en plein soleil, fit pousser un ricin pour lui faire un peu d’ombre. Jonas en fût fort content mais dès le lendemain, Dieu fit venir un ver qui vint manger la branche de ricin… De nouveau Jonas fut fort en colère… Et Dieu lui fit remarquer qu’il s’affligeait pour une branche de ricin et qu’il n’envisageait pas que Dieu puisse s’affliger et pardonner à toute une nation ??? Ninive fut épargnée…

 

Ninive (Mossoul), la rescapée de la colère de Dieu dans le texte biblique, a été détruite entièrement la semaine dernière par des hommes assoiffés de sang et remplis de haine… J’ai pleuré longuement quand j’ai vu toutes ces sculptures vieilles de plusieurs siècles, qui avaient traversé le temps, pour nous rendre meilleurs, nous faire entrevoir la beauté et la majesté de l’art mésopotamien, s’écrouler comme des objets en carton pâte… j’ai eu mal à l’âme ! C’était insupportable… notre patrimoine universel commun : l’art ! 

 

En octobre 2014, je disais dans ma parole du moment à propos du film National Gallery, que je me battrai bec et ongles pour protéger la moindre peinture de nu ! Je maintiens ma promesse… et je sens que le moment est venu de protéger ce patrimoine universel…

 

Depuis longtemps, les bruits de bottes se font entendre… et, plus cruellement, se fait entendre le silence assourdissant des femmes !!! Bientôt, et avec les sculptures et les peintures, l’interdiction de chanter sera appliquée car elle est prévue dans la loi de la charia… pas de musique à l’exception de la psalmodie du coran par les hommes bien sûr… la voix des femmes étant considérée comme diabolique… 

 

Alors, je relance un appel (que j’avais lancé dès le 9 janvier dernier) mais qui n’a pas été relayé suffisamment et je vous demande votre aide à toutes et à tous… Cet appel me semble être le seul espoir pour déboulonner ce fondamentalisme comme un objet de carton pâte !!!

 

J’essaye de le faire circuler… Aidez-moi, c’est pour le 8 mars prochain !!!

 

Mitchélée

Février 2015

 

Cheveux et Visages au Vent – l’appel de Mitchélée

 

A mes soeurs du monde entier..., aux femmes puissantes que nous sommes, 

 

L'extrême violence actuelle qui sévit un peu partout dans le Monde, et plus récemment en France, nous offre paradoxalement la possibilité exceptionnelle de lui opposer un NON  radical et définitif !!! 

 

Comment ?

En ayant le souffle de nous rassembler à travers le Monde lors de la journée internationale des femmes le 8 mars prochain, pour célébrer notre attachement aux valeurs communes qui constituent notre HUMANITÉ et exprimer notre choix inconditionnel de la VIE... 

 

"CE JOUR-LÀ, OFFRONS LIBREMENT, PUBLIQUEMENT, JOYEUSEMENT NOS VISAGES ET NOS CHEVEUX AU VENT !!!" (que cela soit ou non notre habitude)...    En chantant toutes d'une même voix  : "No woman, no cry" 

 

Quelles que soient nos convictions religieuses ou non, nous devons exprimer en un signe clair, ferme et sans équivoque notre attachement à la valeur de l'être humain. 

Bien entendu, si cette action s'adresse aux femmes, c'est pour la portée symbolique qu'elle met en avant mais, en aucun cas, elle ne se veut « excluante » pour les hommes qui voudraient nous accompagner... 

 

Mitchélée, chanteuse, conteuse, pédagogue de la voix/e

Appel lancé dès le vendredi 9 janvier 2015

 

 

TRADUCTION EN ANGLAIS DE L'APPEL DE MITCHELEE (Merci à Arnaud pour son aide précieuse)

 

Hair and Faces in the Wind – the call from Mitchelee 

To my sisters the world over..., to the strong women that we are.

Today's extreme violence that is taking place all over the world, and more recently in France, paradoxically gives us the exceptional opportunity to voice our firm and definitive opposition!!!

 

How?

By having the spirit to gather across the world during the international women's day on March 8th, to celebrate our ties to common values that constitute our HUMANITY and express our unconditional choice that is LIFE...

 

"ON THIS DAY, LET US FREELY, PUBLICLY AND HAPPILY OFFER OUR FREED FACES AND HAIR TO THE WIND!!!" (may that be our custom or not)...    singing in unison: "No woman, no cry"

 

Whatever our religious convictions may be, or should there be none, we must demonstrate our continued commitment to the value of the human being in a clear, firm and unequivocal way.

Of course, if this action is aimed at women, it is more the symbolic message this represents, and in no case is it meant to be "excluding" for the men that would want to join us...

 

Mitchélée

Singer, story teller and voice pedagog

 

 

 


Voilà, je viens de déposer Ustad Usman Khan et son musicien Prakash Kandasami à l’aéroport après une quinzaine pour le moins étonnante… C’est vrai je suis en retard pour ma parole du moment mais ouah que d’émotions tout ce mois de janvier jusqu’à ces premiers jours de février…

D’abord, ces attentats odieux qui nous ont tous coupé le souffle et cet appel que j’ai lancé à toutes les femmes de la planète pour qu’elles osent toutes le même geste le 8 mars prochain, à 12h précises et où qu’elles se trouvent, dans un élan commun : offrir leurs visages et leurs cheveux au vent en chantant « no woman, no cry ! ». Vous plaisantez mais c’est la solution pacifique (aucune balle tirée) qui aurait la puissance immédiate de dissoudre tous les fondamentalismes… et cette solution ne peut que venir des femmes (avec le soutien des hommes les plus éclairés !). J’ai d’ailleurs besoin de vous tous pour porter cette action et la diffuser auprès du plus grand nombre…

Alors pourquoi le chant « no woman no cry » ? Simplement parce que certaines lois interdisentt le chant des femmes et celui-ci, issu d’un des plus grands pacifistes, je veux dire Bob Marley dit l’essentiel : « femme, ne pleure pas » !

D’ailleurs, je suis chanteuse et, en tant que telle, je suis moi-même interdite de chant dans beaucoup de pays aujourd’hui ! Alors, je ne cesserai d’aller chanter dans les écoles de banlieues et de dire et redire aux petites filles dans les écoles : personne n’a le droit de vous interdire de chanter… cf les résolutions proposées depuis trois ans déjà au GEP, rubrique « pédagogie de la voix » de mon site.

 

Et puis, après ces moments difficiles, il y a eu mon spectacle « Bleu Azur » donné dans sa version solo à la Vieille Grille et qui fût un vrai succès et un bonheur immense pour moi. Cet événement a été suivi dès le week-end suivant par la première répétition avec mes partenaires du « Chir Hachirim » prévu pour fin mars et dont je me réjouis déjà (bientôt dans la rubrique « Agenda »…  

 

Enfin, l’arrivée d’Ustad Usman Khan et de son musicien pour un concert exceptionnel au Musée Guimet et une Master Classe au Théâtre du Soleil…

 

Deux moments exceptionnels. J’ai expliqué au public que lorsque j’étais à Pune pour travailler la musique indienne classique avec Ustad Usman Khan (que j’avais rencontré à Tapovan où je donnais un concert), il m’a révélé au hasard d’une rare pause qu’il avait eu la joie de jouer au Musée Guimet il y a 44 ans de cela… A partir de ce moment là, je n’ai eu de cesse que de lui permettre de redonner un concert pour  l’année de ses 75 ans… j’expliquais que lorsque vous rêvez, c’est curieux mais des anges croisent votre route et vous permettent de réaliser vos rêves… D’abord, Hubert du Musée Guimet qui m’a proposé une date qui devenait vacante (fait rare et exceptionnel) et puis Miléna et Isabelle du Mandapa qui ont permis que l’événement ait lieu sur le plan administratif ; enfin Jean-Jacques Lemêtre et Ariane Mnouchkine qui, tout de suite, ont ouvert grand la porte du Théâtre du Soleil pour la Master Class.

 

Des moments exceptionnels s’en sont suivis et je peux dire que même en dehors de ces moments d’exception, j’ai été nourrie de grâce dès le matin jusqu’au soir. J’avais, en effet, offert mon appartement à mes deux amis musiciens et dormais moi-même chez la voisine. Dans la journée, j’étais au service de mes hôtes : les repas, les interviews, le transport, les visites de Paris et alentour bref, de quoi nourrir ma semaine un peu différemment de d’habitude… Mais savez-vous ? Préparer la cuisine en écoutant les répétitions de ce grand Maître sous le regard bienveillant et attendri de son musicien qui n’en finit pas, comme moi, d’être émerveillé de la subtilité de son Art… ouah !!! Inutile de vous dire que la nourriture fût vraiment bonne pendant ce séjour…

 

Ce matin, quand Ustad Usman Khan n’était plus visible de l’autre côté du service des douanes, j’ai versé des larmes de joie, de toute cette tension joyeuse des moments orchestrés au cordeau… couvrant une période où toutes mes activités ou presque étaient en « jachère »…

 

En écrivant cette parole du moment, je me rends compte à quel point le meilleur a côtoyé le pire en si peu de temps… période représentative de l’année de la chèvre qui commence… La chèvre est à l’astrologie chinoise ce que les montagnes russes sont aux parc d’attractions… Alors, à ce propos, bonne et heureuse année de la Chèvre… et surtout, tenez bon !!!

 

Mitchélée

Janvier 2015 (parole mise en ligne le 9 février 2015)

 

 

 

 

J'ai lancé, le 9 janvier dernier, un appel (double-cliquer sur la photo ci-contre). Je suis peut-être un peu en avance sur l'Histoire, mais je sais que la solution à cette violence généralisée viendra des Femmes...

En effet, si toutes les Femmes de la Terre, le jour de la Journée Internationale des Femmes, le 8 mars prochain, toutes ensemble à Midi, où qu'elles se trouvent, et dans un grand éclat de rire, offraient leurs cheveux et leurs visages au vent, s'autorisant ainsi, chacune, par elle-même, et par toutes les autres, ce geste poétique et politique (dans le sens grec du terme)... eh bien, nous assisterions, je vous le garantis,  à l'effondrement de toutes les formes de totalitarisme... 

La solution viendra des Femmes (avec la complicité joyeuse des hommes soutenant ce mouvement). Faites circuler...

Mitchélée, 

le 15 janvier 2015

Un pas pour avancer,

Un cœur pour écouter,

La vie à déguster…

 

En cette nouvelle année 2015,

je vous offre un petit pot de tous les possibles

Dans lequel j’ajoute une poignée de grâce

Une couche épaisse d’espérance

Juste assez d’inouï et d’invisible pour y croire encore…

Dans ce pot, je glisse aussi de la fraternité et de la joie de vivre

La beauté de la nature et les chants des oiseaux…

 

Et toute la Terre toute vibrante de la vie à venir…

 

Je prends un couvercle… bleu azur pour la douceur des yeux

Je le visse doucement pour n’en perdre aucune goutte…

 

Vous pouvez maintenant le porter à votre oreille…

Entendez-vous la mer ???

 

Bonne année 2015,

 

Mitchélée

le 1er janvier 2015

 

La fête chrétienne de Noël  et la fête juive de Hanoukka qui coïncident cette année comme souvent d’ailleurs,  ont un point commun qu’il me plaît à souligner aujourd’hui : la question du miracle. Elles célèbrent toutes les deux le miracle.

 

  • Pour la fête de Hanoukka, qui est aussi la fête de la lumière, il s’agit de commémorer ce temps miraculeux où une lampe à huile destinée à ne durer qu’une journée va durer huit jours. Pour se rappeler ce temps du miracle, un chandelier sera allumé tous les soirs pendant  huit jours illuminant joyeusement tous les foyers. Par ailleurs, les enfants joueront avec une petite toupie à 4 faces, chaque face comportant une lettre  et formant un acrostiche  signifiant pour les juifs se trouvant en Israël « un grand miracle a eu lieu ici » et pour ceux en diaspora « un grand miracle a eu lieu là-bas ».
  •  Pour la fête de Noël, de la Nativité, il s’agit du miracle qui consiste à faire du plus petit et du plus fragile d’entre nous, le nouveau né, un Roi. Pour fêter l’événement, tout est illuminé et des étoiles filantes sont accrochées dans les crèches montrant la scène de cette nativité.

Et là aussi, les chrétiens vivant en terre d’Israël peuvent encore chanter pendant la Messe : « un grand miracle a eu lieu ici » ou, pour celles et ceux vivant sous d’autres cieux, « un grand miracle a eu lieu là-bas ».

Je ne peux m’empêcher de me questionner : jusqu’à quand juifs et chrétiens pourront-ils témoigner dans le « ici » de ce miracle ?  Jusqu’à quand Israël, dernier bastion de la coexistence de  toutes les confessions au Moyen-Orient* existera-t-elle encore ? Il n’y a plus de juif depuis fort longtemps dans les pays musulmans et la quasi totalité des chrétiens y est pourchassée…  à l’instar des soufis du reste qui, jusqu’en Inde sont pourchassés par les islamistes radicaux.

Alors jusqu’à quand Israël tiendra-t-elle ? Tout autour, des pays dont l’hostilité n’a d’égale que la barbarie avec laquelle elle est exprimée. Plus loin,  une Europe prompte à trahir cet îlot**  (20770 km2, la France en compte 552000 et la Jordanie 92300) qui servit de refuge aux survivants des massacres d’une Europe qui fût tout aussi malade.

Faudra-t-il, à l’instar du roi du Danemark, pendant la seconde guerre mondiale, porter l’étoile jaune pour dire notre indignation de voir se préparer un remake du « peuple juif assassiné » ? Car c’est ce qui est en train de se préparer « là-bas » ! Justement dans la terre « refuge » du « plus jamais ça ! ».

A la minute où Israël sera affaiblie et livrée aux brutes épaisses qui ont depuis longtemps inféodé ce que nous nommons pourtant encore « peuple palestinien », il ne restera plus qu’un bloc de pays qui appliqueront la Charia comme loi plénière (c'est ce que préconise le Hamas, une des branches fidèles des "Frères musulmans"), cette loi qui interdit de tuer sauf  bien entendu les infidèles que nous deviendrons tous. 

Alors des drames comme celui de Créteil/France (où un couple a été molesté et la femme violée, parce qu’ils étaient juifs !) ou encore celui plus récent des 132 enfants de militaires qui ont été fusillés dans leurs classes au Pakistan, se multiplieront à l’envi jusqu’à ce que toutes les « couleurs » du monde aient disparu pour laisser place à des nations uniformes où seule la voix psalmodiée à fréquence basse, celle des hommes, sera entendue 5 fois par jour car, depuis longtemps, la fréquence des voix « chantées » des femmes à l’octave au-dessus, se sera tue !

 

Alors oui, c’est bien d’un miracle dont nous avons besoin… Maintenant !

D'autant que sur le plan écologique, nous approchons d'un paroxysme humiliant pour l'intelligence humaine, celle qui est supposée nous élever au-dessus de toutes les autres espèces vivantes !!! Un miracle vous dis-je ! Mais vous savez quoi ? Je ne cesserai jusqu'à mon dernier souffle, de croire aux miracles... 

 

Alors, que les lumières de Hanoukka, de Noël et de la Nouvelle année, éclairent l’esprit et le cœur de notre Humanité… Douces fêtes, malgré... 

 

Mitchélée, le 18 décembre 2014

 

*(population israélienne confessionnelle : 75 % de juifs, 20 % de musulmans, 2% de chrétiens et 3,9 % d’autres confessions) – source Wiki

** superficie totale des pays arabes entourant Israël : 3 339 071 km2 (Egypte, Liban, Jordanie, Syrie, Arabie Saoudite). Israël représente 0,00658 % de la superficie des pays alentour précisés ci-dessus.

 

«  Le réel désaltère parfois l’espérance… c’est pourquoi, contre toute attente l’espérance survit ! » 

Cette phrase de René Char m’a toujours accompagnée. Elle figure d’ailleurs sur  la « rondelle » de mon CD de « Berceuses à rêver pour les enfants du monde ».

Il se trouve qu’au Symposium de Biarritz consacré aux « fragiles » et aux handicaps des femmes en particulier, cette citation a pris tout son sens.

En effet, les « fragiles » sont toutes celles et ceux qui nous offrent ce « réel » nous permettant d’espérer encore et encore… 

Grâce à eux, des rencontres magnifiques ont pu avoir lieu dans ce symposium autour du thème « femmes sacrées, femmes d’avenir ».

Là-bas, j’ai partagé la scène avec une auteure, compositrice, interprète magnifique : Kimka, dont l’univers vous sera accessible via son lien*.  Sacrée damoiselle !!! Très inspirante…

En fait de féminin, j’ai eu beaucoup de plaisir à chanter des extraits de mon spectacle et, tout particulièrement en l’honneur des femmes, des chants inspirés du « Cantique des cantiques ».

 

Hélas, et il me faut changer de ton car dernièrement, ces chants aux paroles gracieuses m’ont inspiré une réflexion plutôt grave.

En effet, en constatant la progression des djihadistes et autres intégristes au Liban, j’ai revisité les différents chapitres du « Chant des chants » attribué au Roi Salomon et rédigé probablement pour sa bien-aimée la Reine de Saba car je me souvenais que le Liban y était mentionné… En fait, là où tout n’est que paroles d’amour dans ce chant des chants, il est question par sept fois du Liban !

En parallèle à nos réflexions autour des « femmes sacrées, femmes d’avenir », force est de constater que nous vivons un moment crucial où dans beaucoup de pays, la dimension du féminin est réduite à néant, n’en déplaise à ces stylistes intégristes et propagandistes qui voudraient nous faire croire que la burqa pourrait devenir un accessoire de mode comme un autre ! (cf un reportage sur arte journal).

 

La femme telle qu’elle est présente dans le Cantiques des cantiques a des seins, comme deux faons, jumeaux d’une gazelle… (IV-5) ; elle a des lèvres qui distillent le miel fluide… et ses vêtements sont comme le parfum du Liban (IV-11) ; sa voix est douce et son visage est désirable (II-14) ; son exubérance forme un paradis de grenadiers, avec des fruits sublimes (IV-13) ; ses cuisses sont des colonnes de marbre fondées sur des bases d’or pur (V-15) ; son palais est douceur et lui, tout entier, désir (V-16) ; les contours de ses hanches sont comme un vase, œuvre des mains d’un artiste… (VII) ; sa féminité  est la coupe de la lune… son ventre est un monceau de froment, environné de lys… (VII-3)**.

 

La dernière des 7 occurrences du nom Liban contenues dans le Cantique des cantiques est troublante : « ton nez est comme la tour du Liban surveillant Damas… ».

 

Il me semble que c’est maintenant à nous de surveiller ce Liban qui contient le symbole même de toute la dimension érotique et mystique du plus beau poème qui nous soit parvenu à ce jour.  Nous savons que le chiffre sept en hébreu représente le « serment », la parole qui a été donnée. Peut-être que ces 7 occurrences nous invitent à tenir une promesse, celle de l’amour, exprimée magnifiquement par le plus sage d’entre les sages : Salomon. A Dieu qui lui demandait ce qu’il souhaitait recevoir en récompense de sa loyauté, Salomon n’a réclamé ni les richesses, ni les pouvoirs, non… il a réclamé « un cœur qui entend ». Nos cœurs entendront-ils l’appel douloureux des « cèdres pleureurs » du Liban ?

Après tout la fonction de l'artiste n'est-elle pas de faire entrevoir l'improbable ? 

 

Mitchélée,

Novembre 2014

*< http://www.kimka.ch/>

**traduction in Le Grand Livre du Cantique des cantiques – Franck Lalou, Patrick Calame (ed. Albin Michel)

En ce 31 octobre 2014, je me suis offert une promenade au Père Lachaise ; c’est si joli le Père Lachaise autour de la Toussaint et du jour des défunts. Dès le 31 octobre (c'est vacances scolaires), des myriades de personnes y viennent en famille (adolescents compris !) pour fleurir les tombes de celles et ceux qui ne sont plus. L’ambiance est plutôt « bon enfant » car la plupart du temps, les tombes ne sont visitées qu’en cette période de l’année. Du coup, quelques personnes sont assises longuement autour de la tombe de leur défunt, l’astiquant, retirant mousses accumulées et feuilles tourbillonnantes de saison.  J’aime quand ce sont des familles entières qui viennent avec tout le matériel de nettoyage ainsi que des gros pots de chrysanthèmes ou de bruyère en fleurs.  Tout à coup, cela renvoie directement au relief cosmique auquel chacune, chacun de nous appartient. L’ordre du monde est mis en actes simples et doux surtout quand l’automne s’habille de ses plus belles couleurs, comme cette année, pour recevoir ces pèlerins de la mémoire. Beaucoup de poésie dans tous ces gestes simples, dans l’orientation d’une fleur ou dans le choix de la disposition des couleurs, dans la main qui vient balayer d’une caresse les feuilles mortes comme pour ne pas blesser le défunt. Les gestes sont gracieux et délicats et c’est un véritable ballet qui a lieu dans le cimetière.

J’ai longuement parlé avec des touristes américains qui s’étaient masqués pour fêter Halloween dans le cimetière. C’était tout à coup Venise à Paris et ils m’ont dit combien il était important pour eux aussi de célébrer leurs défunts.

Je me suis longuement demandé pourquoi j’ai aimé cette journée au goût de «  journée particulière ». Et j’ai compris…

Dans le cimetière, un silence "cybernétique"! aucune sonnerie intempestive... Personne accroché à son portable ou pianotant des messages facebook ou autres sms en continu. Simplement la vie d’avant le web, la vie d’avant son  engloutissement progressif « entre ses filets » (inter-net).

Oh je ne suis pas une réac du net, je bénéficie tous les jours des outils fabuleux qu’il permet (la preuve, mon site) mais dans le même temps, je reste lucide (je choisis mon mot) et je sais aussi que le web est, n’en déplaise à Michel Serres (que je salue au passage), une catastrophe dont nous ne mesurons pas encore les effets destructeurs dans tous les champs de notre vie quotidienne. Qui prend encore le temps de ne rien faire ? Même pas regarder la télé ou visiter le « mur » de son réseau social. Ne rien faire… pour se laisser "être" peut-être... peut être ? 

Hélas, c’est face à un "mur" que l’on consent à se retrouver tous les  jours ! C'est ainsi que l'on mettait les personnes devant être fusillées pendant la guerre : face au mur !

Personnellement, je résiste encore à facebook et autres réseaux sociaux car je préfère embrasser une joue ou rire aux éclats en « face à face » et non pas en « face à book » mais jusqu’à quand pourrais-je résister ? Je réalise combien cela pourrait être utile professionnellement. Twitter peut-être… j’aime bien l’idée d’un petit oiseau et la limite à 140 caractères par message. Hmmm… à suivre...

Du coup, cette promenade au cimetière m'a ramenée à ce qui fait la vie simple et vivante... Il semblerait que ce soient encore les morts qui nous ramènent à la vie... 

La Toussaint, c’est un bon moment pour se demander si nous sommes encore vivants non ?  

 

Mitchélée

Octobre 2014

A mi-course du mois d'octobre, je tiens à vous signaler un film remarquable : NATIONAL GALLERY de Frederick Wiseman, véritable défi absolument réussi qui nous propose non seulement de regarder les merveilles qui sont exposées à la Tate Gallery de Londres mais aussi de nous laisser regarder par elles...

Ce film nous permet d'envisager toute la richesse de tous les points de vue des personnels travaillant pour la galerie, depuis les guides magnifiques, passionnés et passionnants qui dirigent les publics des expositions jusqu'aux personnels administratifs qui défendent parfois des logiques différentes voire divergentes nous laissant nous poser tout un champ de questionnement essentiel pour la survie de l'art... jusqu'aussi aux restaurateurs, experts, historiens qui nous invitent à une vigilance absolue entre ce que l'on voit et ce qui est caché comme un palimpseste infini à décoder sans fin et enfin aux étudiants des beaux arts saisissant les modèles vivants dans des gestes en résonance avec ceux des artistes qui les ont précédés. 
Quelle régalade ce film. Un hymne à l'art dans toute sa beauté... un hymne aussi à la pensée plurielle indispensable à une société démocratique. Je n'ai pas pu m'empêcher, pendant la projection du film de me dire que je défendrai bec et ongles n'importe lequel de ces tableaux contre toute destruction par des forces obscurantistes qui considèrent comme décadente la moindre exposition de chair nue... 

 

Mitchélée 

mi-octobre 2014

Il est parfois des moments insolites et parfois des journées entières visitées par « l’insolite ». Quand on en est témoin, l’on peut se demander si cet insolite paraît de façon spontanée comme une étincelle de « lumineux décalé » ou bien si ce jour là, c’est notre perception qui change de « point de vue » rendant visible ce qui ne l’aurait pas été en temps normal… Toujours est-il que j’ai vécu une journée féconde en événements insolites. C’est à l’entrée de l’Automne, une saison que j’affectionne particulièrement, si généreuse en lumières des plus aigües.

Ce jour là, je devais me rendre à la banque. En arrivant, je constate qu’elle est fermée…

Et pour cause, elle ouvre à 15h00 me dit fort aimablement une femme. Il était 14h45, j’avais vraiment beaucoup de choses à faire et je décide de repartir. Je reprends ma voiture et en arrivant au carrefour, je croise de mon regard tout un groupe d’hommes, vêtus de costumes en satin et portant de magnifiques barbes blanches toutes brillantes de lumière. C’est simple, même les voitures circulant sur la place se sont toutes arrêtées pour les laisser passer. C’était tout simplement surréaliste et magnifique… Ils riaient, causaient entre eux avec une jovialité que l’on pouvait lire dans leurs yeux plissés. Ils devaient se rendre à la synagogue pour fêter la nouvelle année 5775 et je vous assure que si Rabbi Nachman de Braslav (l’un des « héros » de mon spectacle « Bleu Azur ») était encore de ce monde, sans nul doute, il leur aurait ressemblé.

Du coup, et peut-être parce qu’ils venaient de me faire « cadeau du temps », je suis retournée devant la banque me garer et me suis rendue vers le grillage pour attendre l’ouverture…

Quel ne fût mon étonnement, derrière les grilles, toute l’équipe de la Banque se tenait debout en attendant l’horaire d’ouverture. C’était une grille simple et l’on pouvait se parler au travers. Du coup, impressionnée, je leur ai demandé si cet arc d’accueil était pour nous et que je les trouvais magnifiques ce qui est plutôt un qualificatif inhabituellement utilisé pour des employés de banque. Ils ont ri de plaisir et, quand leur chef est arrivé pour ouvrir, ils avaient tous un sourire magnifique au visage. C’est commercial me direz-vous ? Non, il y avait plus, il y avait comme une petite part d’âme supplémentaire offerte à tous. C’était insolite et cela m’a mise en joie absolue… je ne sais pas encore pourquoi. Le lien que je ferais avec la vision précédente, c’est qu’ils étaient tous comme Abraham venant à la rencontre des anges… et c’était beau ! Bancaire ou pas, c’était beau !

Plus tard, à un feu rouge, c’était un employé des pompes funèbres, seul à bord, qui conduisait un cercueil recouvert de fleurs d’automne et qui s’était arrêté pour « pomper » délicieusement sur sa cigarette électronique. Il s’était posé en arrière de son siège et regardait les volutes de vapeur qui sortait de sa cigarette. Il prenait le temps de l’éternité (son client aussi !) et beaucoup de plaisir à cette pause vapeur…

Oui, l’automne est propice en couleurs qui nous permettent de voir autrement et l’on aimerait conserver cette acuité qui nous fait voir l’insolite au quotidien.

Cet insolite est un portail privilégié vers la joie…

Quand j’étais petite, j’apprenais à l’école de la République des poèmes par cœur et l’un de mes préférés était celui de Guillaume Apollinaire que je vous offre comme cadeau d’automne. Ce poème ne m’a jamais quittée… 

 

Automne malade et adoré


Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies

Quand il aura neigé


Dans les vergers

Pauvre automne


Meurs en blancheur et en richesse


De neige et de fruits mûrs


Au fond du ciel


Des éperviers planent


Sur les nixes nicettes au cheveux verts et naines

Qui n'ont jamais aimé

Aux lisières lointaines


Les cerfs ont bramé


Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs

Les fruits tombants sans qu'on les cueille


Le vent et la forêt qui pleurent


Toutes larmes en automne feuille à feuille

Les feuilles Qu'on foule 

Un train Qui roule 

La vie S'écoule 

 

Mitchélée, 

Septembre 2014

Le mois d’août s’est achevé et nous voilà proches de la rentrée… Ouah déjà mardi prochain !!! Que faire ? Bien trop tôt pour moi. J’essaye de freiner des quatre fers mais trop tard, j’ai déjà reçu une foule de « mails de rentrée » ! Tous les ans, c’est pareil ! Le même trac que j’avais lorsqu’enfant je devais rentrer à l’école. La nuit précédant la rentrée je ne dormais pas… j’étais curieuse de la rentrée et en même temps, j’avais des pétillements dans le ventre et la gorge… Est-ce que ma maîtresse sera gentille ou sera-t-elle aussi méchante que Mlle C. qui avait coupé à ras les magnifiques cheveux de T. parce qu’elle n’avait pas mis de ruban ce jour-là et parce qu’elle était fille de concierge surtout ! Traumatisme que j’ai vécu comme si c’était ma chevelure qu’elle avait coupée ce jour-là et qui me fait encore froid dans le dos quand je revois la scène !  Cette Mle C. assurément contrastait avec les douces bonnes soeurs qui s'occupaient de moi à la maternelle.

Fort heureusement, je pétillais de plaisir en pensant que j’allais retrouver Mlle Léon, ma « prof de chant » qui, armée d’un « guide chant », la clope au bec (éteinte bien sûr) et un joli chignon façon Shiva sur la tête, nous enseignait des chants qu’encore aujourd’hui je sais retrouver dans ma mémoire de petite fille joyeuse quand commençait le cours de chant.  Après le cours, j’étais toute légère et heureuse et je sautillais pour rentrer à la maison en prenant soin de faire balancer ma queue de cheval de gauche à droite et de droite à gauche… le vent dans les cheveux, j’étais la plus heureuse des petites filles avec mes chaussettes et mes chaussures vernis quand "j'avais chant".  J’ai dû aimer ces moments de sautillement à cloche pied car il me suffit de fermer les yeux et je retrouve intacte la joie profonde de l’enfance avant les gros chagrins de la vie…  Quelquefois quand je me sens légère, encore aujourd’hui, je me mets à sautiller comme la petite fille d’autrefois et je me mets à rire… comme ça ! Pour rien !  C’est entre autres, à Mlle Léon que j’avais dédié mon CD « Berceuses à rêver pour les enfants du monde ». C’était à l’école de la République et le chant ne m’a jamais quittée ! Nous portions toutes (à l’école des filles) des blouses identiques et nous étions avant tout des élèves de l’école républicaine. Pas de nationalité, pas de religion, pas de milieu social défini (même si quelques maîtresses faisaient la différence !), par contre il est vrai un genre (que des filles !) nous étions des copines de classe avec plus ou moins d’affinités mais uniquement de caractère.  Je souhaite à chaque enfant de rencontrer une Mle Léon et de vivre au moins une fois dans sa vie d'enfant, cette joie insouciante de sauter à cloche-pied (les garçons aussi le faisaient) et de se laisser porter par le vent léger. Peut-être cela voudrait-il dire qu’enfin les enfants redeviendraient de vrais enfants !  En vérité, je vous le dis ! je n’échangerai pas un instant de saut à cloche pied pour toutes les DS et autres jeux vidéos de la terre !!!  

Mitchélée,  fin août 2014 

Je « sors » du dernier film de Luc Besson que je ne peux que vous recommander… L’ami avec lequel je suis allée au cinéma a eu ce mot extraordinaire à propos du film : « quelle belle réponse au transhumanisme ». Je n’aurais pu exprimer mieux.

En effet, là où les transhumanistes, qui représentent pour moi une nouvelle forme de nihilisme, vont chercher à développer l’humain grâce à des artifices technologiques qui leur donnent ou redonnent les pouvoirs qu’ils n’ont pas ou plus, le film de Luc Besson propose à l’Humain d’augmenter en lui-même ses capacités en développant ses potentialités cérébrales dont il n’utilise que 10 % pour les mettre au service d’un pouvoir plus soucieux de plus d’être que de plus d’avoir... Pour l’anecdote, ce chiffre de 10 % me paraît bien optimiste, j’ai toujours eu en tête que nous n’utilisions que 6 % de nos capacités cérébrales !

Quoi qu’il en soit, un très beau film pour la vie et ce, malgré des scènes pleines d’hémoglobine, qui finalement représentent par le « non » radical qu’elles laissent à entendre (et à voir en technicolor façon kitch) la seule façon de traiter avec toutes les formes de nihilisme.

Le « non » de Luc Besson reste aussi radical que dans les méthodes de Bruce Willis se débarrassant de ces immondes créatures voulant détruire le Monde dans son merveilleux film « le cinquième élément ». Il ne donne pas plus de marge aux vendeurs de mort symbolisés en l’espèce par les dealers…

Mais, là où, dans « le cinquième élément », Luc Besson faisait l’hypothèse que seul l’Amour pouvait  sauver le Monde. Dans ce film là, c’est la Connaissance qui sauve le Monde. Dans les deux cas, deux films qui célèbrent la vie…

En plus, j’ai beaucoup ri… A voir et à revoir !!! D’autant que les images comme la poésie de certains moments du film sont époustouflants.

 

Mitchélée, 1ère quinzaine d’août 2014

Chronique d’un festival turbulent

En ce mois de juillet, je partais présenter la version solo de mon spectacle Bleu Azur, consciente que j’étais de le faire dans un contexte particulier, puisque fin juin, je m’étais associée aux manifestations de défense du statut d’intermittent du spectacle munie du panneau dont la photo figure dans la galerie passante de mon site.

Bref, beaucoup de problèmes à l’arrivée, des problèmes techniques en tous genre, des problèmes inattendus de visites du logement que j’occupais mais après quelques jours de flottement, j’ai réussi à rassembler toutes mes forces de concentration pour me mettre au service de ce spectacle auquel je crois. Par ailleurs, des anges amicaux étaient là pour me soutenir sur place… bon, tout se passait pour le mieux, compte-tenu du contexte.

Et puis, un après-midi, juste après mon spectacle du jour (je le donnais tous les jours sans relâche à 13h15 jusqu’à 14h15), j’entends qu’il y a une manifestation des intermittents dont je n’étais pas informée et me voilà embarquée tout à fait volontairement, dans une manifestation où nous étions tous couchés sur le bitume en signe de protestation quant à la précarité de notre situation d’intermittents, aggravée par les derniers accords. C'était plutôt intense !

Et soudain, le porte voix de la manifestation s’est écrié : et saluons maintenant pour la soutenir, la délégation palestinienne… Mon sang n’a fait qu’un tour, voilà tout à coup que le Proche-Orient s’invitait à une partie qui n’avait rien à voir avec le conflit en cours là-bas ce qui plongeait, d'un coup nos revendications déjà complexes à expliquer, dans une confusion insoutenable. Evidemment, j’ai quitté immédiatement le cortège, haranguant quelques journalistes pour leur signaler que je ne cautionnais pas toute ce mélange. J’ai même essayé de parler à ce fameux porte-voix qui m’a répondu que ma foi, c’était « gentil » de les saluer, se montrant totalement irresponsable pour un meneur de manif !!!

Pour le coup, la confusion était totale et nos revendications discréditées à mes yeux en tous cas.

D’ailleurs, je n’ai pas vu beaucoup d’artistes quitter la manifestation à ce moment là et je me suis sentie très triste tout à coup car, j’avais encore l’illusion, naïve je vous l’accorde, que la fonction de l’artiste dans la société servait de garde fou à tout instinct grégaire !!!

Autant pour moi… à peine remise de mes émotions, j’ai, comme tous les artistes à Avignon, battu les pavés pour « recruter » des spectateurs… Et cela, des heures durant, sous des chaleurs avoisinant parfois 36°, parfois sous les prémices d’une pluie battante, et toujours pendant des kilomètres en essayant de préserver ma voix qui contait, chantait, citait, tous les jours, à la même heure… décidément, les intermittents sont des privilégiés sans nul doute !!!

Et puis, il y a toujours de curieuses personnes au Festival… Des qui vous disent : vous êtes seule sur scène, non merci, je ne fais pas les « solo » cette année ! Ou d’autres qui vous disent : je ne suis là que pour rire… je ne veux pas réfléchir… Et puis : notre programme est déjà tout fait, il n’est plus question que nous changions quoi que ce soit !!!

Mais, leur disais-je, justement, changez, laissez-vous dérouter, comme Moïse pour arriver devant le buisson ardent… Pour certains, mon argument était peine perdue pour d’autres, joie trouvée… et celles et ceux, pas aussi nombreux que je l'aurais aimé certes, mais qui étaient motivés pour venir voir le spectacle, m’ont laissé des témoignages fort émouvants sur mon précieux livre d’or. Il y a eu également deux journalistes du net qui ont vraiment beaucoup aimé… cf les articles en ligne...

Ce spectacle va tourner, je m'en réjouis… J’ai eu des contacts dans ce sens. Mais tout au long du festival, j’ai gardé une conscience aigüe de toute la confusion que je sens régner un peu partout  comme si les individus devenaient les jouets d’une opinion (y compris dans leurs choix culturels) construite de manière totalement artificielle et rendue possible par la structure même du fonctionnement des nouvelles technologies… J’ai vu personnellement, pendant le festival, 12 spectacles et seulement 5 (allez 6 pour être indulgente) que je considère comme dignes d’Avignon. Parmi ces 5/6, il y en eût un sublime où nous n’étions que deux personnes. Pour les 6/7 spectacles vraiment décevants, les salles étaient pleines !!! Certes, vous souriez parfois mais il n’en reste rien de ces spectacles quand vous avez franchi la porte de la salle…

Les gens vous disent : « il en faut pour tous les goûts » mais franchement, il me semble que la part réservée aux spectacles de qualité est de plus en plus ténue… Nous sommes responsables de la qualité de nos créations et nous sommes responsables de choisir si nous souhaitons être sujets du Verbe ou sujets du Roi (du moment !).

 

Mitchélée

Juillet 2014

Le monde s'agite en ce XXIème siècle, prisonnier qu'il est encore de ce XXème siècle qui fût assassin et oublieux de l'âme humaine...

Du coup, on lynche encore l'Humain, le Manouche en sanskrit, dernier symbole de la liberté. Du coup, on s'étonne de constater que tout un peuple fouille l'univers pour retrouver  trois adolescents kidnappés... Que l'on puisse être étonné que l'on donne de l'importance à trois vies humaines ? Moi, c'est cela qui m'étonne ! 

 

Et pour revenir à ce qui m'occupe en ce moment, le Festival d'Avignon : nous vivons dans une société qui franchit le pas fatidique, celui de faire taire ses artistes ! Parce que, soyons clairs, l'artiste qui n'a plus le temps de donner du temps au temps pour laisser émerger ce qui vient, comme le pain a besoin de temps pour lever, comme le ragoût devient festin quand il a mijoté à tout petit feu... bref, ce temps qui ne fait rien, celui que Rabelais nommait "Dieu"... et qui est la matière noble de toute création artistique... et comme je l'ai déjà dit : sans impertinents du spectacle, point de démocratie ! 

Alors, en Avignon, en arrivant, j'ai appris que nous ferions une marche silencieuse au lieu de la parade festive habituelle... Eh bien, je m'en réjouis ! C'est exactement ce qui me semblait juste de faire ! Ce n'est pas grave si les rues seront désertes puisqu'au même moment se déroulera le fâmeux match de football "France/Allemagne" qui ne manquera pas de balayer de quelques coups de pieds toutes nos revendications et nos protestations d'artistes.

De toutes façons, nos paroles ne sont-elles pas, comme dit le poète, pur néant ? 

Sauf que, en hébreu (langue que j'ai eu le privilège d'étudier avec Marc-Alain Ouaknin, le mot qui écrit le néant est aussi l'anagramme de "Je suis"...) 

Etre est bien la question ! 

 

Qu'à cela ne tienne, je serai tous les jours à 13h15 à la Maison de la Parole en Avignon du 5 au 25 juillet 2014... je ferai "ma part de colibri" pour tenter de ré-enchanter le monde... parce que la vie est plus forte que le destin !!! 

 

Mitchélée, 

juin 2014

La grammaire dite "psychologique" m'a toujours passionnée. Ainsi si je prends un exemple, je vais pouvoir dire : 

"le bucheron a abattu l'arbre". Par contre, si je mets la phrase à la voix passive, celle-ci prend toute son intensité dramatique : "l'arbre a été abattu par le bucheron"... vous entendez le drame qui se joue ici ?

Hélas, la voix passive qui devrait nous faire entendre tout le relief de notre responsabilité dans notre relation au Monde (comme dans l'exemple ci-dessus) devient une stratégie pour au contraire nous dédouaner de nos responsabilités. .

Ainsi, on utilise la voix passive pour nous dire qu'en France, du fait du désarroi dans lequel les gens se trouvent actuellement, le Front National a été élu à la majorité des suffrages exprimés. On ne dit pas, les électeurs français ont élu le Front national à la majorité. C'est dommage car voter est l'acte d'un Sujet qui se déroule en plus dans l'intimité d'un isoloir. La voix du vote (et d'ailleurs celle du non vote)  est une voix active, absolument... et il me semble important de le rappeler. De la même façon, c'est activement, que les électeurs en Allemagne ont choisi d'offrir un siège à un néo-nazi, ce qui me semble particulièrement dramatique si l'on se rappelle qu'Hitler avait été lui aussi élu démocratiquement en 1933.

 Le pire, dans tout cela, c'est qu'au nom de cette démocratie qui bientôt n'en n'aura plus que le nom, l'on ne sache pas condamner comme partis politiques anti-constitutionnels ces partis dont le fond de commerce est une incitation permanente à la haine de l'autre. 

De la même façon, et si je reviens à ma grammaire psychologique, un autre bel exemple nous a été asséné dernièrement : en effet, et à propos du tueur de la Synagogue de Bruxelles, ne nous a-t-on pas dit je cite "que la prison l'a rendu violent". Du coup, on est prêt à l'excuser et  bientôt peut-être lui trouver des circonstances atténuantes pour avoir assassiné les personnes présentes ce jour-là dans la synagogue... finalement, aussi atténuantes que l'utilisation de la voix passive... la prison l'avait sous doute invité à faire un séjour qu'il s'est vu obligé d'accepter...

Vous voyez, la grammaire psychologique peut nous amener à des abîmes de lâchetés et d'irresponsabilités.

Or, aucune réparation ne sera jamais possible s'il n'y a eu Reconnaissance en conscience (voix active) de l'acte de barbarie qui a été commis.

J'essaye de ne pas laisser la colère me submerger (voix passive) et ce qui me réconforte en ces temps houleux et plutôt nauséabonds, c'est que je pars avec mon musicien (voix active) donner à Clermont Ferrand -aux "3 raisins"- notre spectacle Bleu Azur dans sa version Duo et, qu'à cette occasion, nous ferons entendre (voix active) la voix de l'amour et de la réconciliation.

 

Mitchélée

Mai 2014

 

Une question a hanté mon esprit tout au long de ce mois d’avril, riche en événements intenses sur bien des plans : celle du point de rupture. Ce point est nommé « threshold » en anglais  et dit bien le point qualitatif  autant que le point quantitatif à atteindre avant qu’il n’y ait soit rupture du moins conséquence, réaction notable résultant de ce point  de « pas-sage ».

La plupart du temps, et dans notre vie quotidienne, il peut prendre le masque d’un mot, d’un silence, d’une exclusion de trop, d’une maladresse qui peut faire basculer une situation vers un ailleurs toujours sans retour.  Cela fait partie parfois des épreuves que nous avons à affronter dans le chemin de la rencontre avec nous-mêmes. Jusqu’où peut-on accepter et où se situe ce point qui va constituer un point de non retour (quand bien même salutaire dans certains cas) ? 

Eh bien je crois qu’il est toujours le résultat d’un processus ponctué par le silence de l’un ou de l’autre ou de tous les protagonistes dans le cas d’une relation, et ce, aux différentes étapes qui ont constitué ce processus.

Apprendre ou ré-apprendre à dialoguer est un véritable antidote à ce mécanisme sans pitié qui détruit bien des liens et, quelquefois pour toujours, systématiquement vecteur de « dommages collatéraux ». 

C’est quand on a beaucoup perdu que l’on comprend l’enjeu de la parole et il faut être très courageux pour décider de s’y risquer dans le présent et le futur.  C’était là la grandeur même de l’idée de l’Europe à son commencement.

Pourtant, et pour contredire ce que je viens de dire, il semblerait qu’en matière de relations internationales, l’information incessante assénée par les media et la « toile » semble elle aussi nous mener tout droit vers ce point comme si ce qui est valable en matière de relation interpersonnelle ne l’était plus à grande échelle. Ces informations incessantes livrées sous forme de dialogues entre dirigeants, ne nous empêchent pourtant pas, elles aussi, de nous « diriger » à coup sûr, droit dans le mur ! Le problème, c’est que ce mur là, nous le connaissons déjà… il s’appelle « conflit mondial » et il semblerait qu’à cet égard, nous n’apprenions rien de notre passé. Comment peut-on laisser s’envenimer les situations au mépris de tous les morts des deux premières guerres mondiales parmi lesquels, pour la seconde guerre mondiale les victimes de la Shoah ?

Comment peut-on risquer un nouveau conflit mondial ? Alors même que nous commémorons la triste « boucherie » de 14-18.

Un mot, je disais tout à l’heure pour les conflits interpersonnels, une balle de quelques millimètres de diamètre pour un conflit mondial. Qu’il s’agisse d’un archiduc ou d’un simple quidam, c’est toujours l’Humanité qui est assassinée et nous tous avec…

Alors en ces premiers jours du mois de mai, je prie pour que là encore la Vie soit plus forte que le destin qui s’obstine encore et encore contre ce qui constitue notre Humanité de toutes façons « défaite » chaque fois un peu plus si nous n'y prenons pas garde…

 

Mitchélée, avril 2014

Au Printemps, nous aimons surprendre les bourgeons sur nos arbres préférés… Les arbres sont pourtant les mêmes, parfois depuis des générations, mais à chaque fois, la disposition, la forme, la couleur de leurs bourgeons premiers nous surprennent encore… 

De même, un spectacle, chaque fois qu’il est redonné, est une occasion propice à une nouvelle interprétation, à une nouveauté de sens, à une nouvelle écoute aussi…

Quelle grâce d'accueillir toute la saveur de l'instant présent et de demeurer en ce point d'écoute de la nouveauté de sens... 

Comme je l'écris en marge de mon site : un seul son suffit parfois à ouvrir le ciel et c'est quelquefois dans dans les plis de la répétition que peut naître cette saveur ineffable de l'instant présent. 

En Inde, j'ai été amenée à chanter pendant 5 à 7 heures  d'affilée trois petites notes... Chacune des étapes a constitué pour moi un vrai chemin spirituel que je n'oublirai pas... car, à chaque fois que le ciel s'ouvrait, une joie profonde m'envahissait. Ce ciel là était assurément "Bleu Azur"... 

Je suis heureuse de le retrouver au Mandapa le 8 avril prochain.

 

Mitchélée, mars 2014

En Inde,  je voulais acheter des fleurs pour mes hôtes qui, gentiment m'invitent à partager leur repas tous les soirs alors que ce n'est absolument pas prévu. Je vais dans une petite échoppe où il n'y a pas grand choix : quelques roses, des gerberas et des oeillets et puis des feuillages. Rien de très spectaculaire, aussi je me demande quelle allure auront mes modestes fleurs au moment de la présentation à mon hôtesse... Doute inutile quand on est en Inde ! Voilà qu'avec deux roses, un gerbera et un oeillet, mon fleuriste qui dormait en attendant sa cliente : moi, transforme ces quelques fleurs en une explosion de couleurs, de feuillages et de papier en feutrine souple, bref, un écrin pour mes quatre fleurs qui tout à coup, sont devenues un bouquet châtoyant digne d'un roi !!! J'avais prévenu le fleuriste que je n'avais qu'un gros billet de 500 roupies sur moi et qu'il devrait avoir la monnaie pour prendre ma commande. Il m'a fait comprendre qu'il se débrouillerait. Bref, au moment de payer, le pauvre va voir deux de ses voisins susceptibles d'avoir la monnaie mais revient bredouille... 

Eh bien, savez-vous, il m'a proposé de revenir le payer plus tard !!! Imaginez, je suis étrangère, je suis venue lui acheter des fleurs pour la première fois et voilà qu'il me fait crédit. Eh bien, cela m'a beaucoup touchée... profond ! Je suis vite allée acheter des fruits plus loin, ai tout confié (fruits et bouquet) au maraicher et suis vite repartie payer le fleuriste qui ne m'attendait pas avant 16h, soit deux heures après... du coup, je lui ai acheté plus tard un autre bouquet pour Saraswathi, la "patronne" de la Musique !!! J'avais une prière à lui faire : je devais chanter le soir même devant des musiciens indiens et j'avais fort le trac !!! 

Il faut croire que la Déesse a agréé l'orchidée de mon vendeur confiant, car tout le monde était content. 

Quel bonheur cette escapade indienne, à chaque fois, c'est un émerveillement. Mon hôtesse m'a dit quand je lui ai raconté mon histoire que c'est parce que j'inspire confiance. Certes, mais tout de même, inspirer confiance est une chose mais faire confiance, c'est vraiment autre chose. Et quand on bénéficie de la confiance de quelqu'un qui vous connaît bien, déjà, c'est un bonheur mais quand a fortiori il s'agit de quelqu'un qui ne vous connaît pas du tout, alors là, c'est un peu comme si le ciel de la communication de coeur à coeur s'ouvrait ! et ça, c'est divin ! 

 

Mitchélée,  février 2014

 

En ce début d'année 2014, à l'affiche dans le métro, sur l'un de ces panneaux gigantesques où se côtoient des dizaines d'annonces théâtrales, véritable florilège que notre oeil parcourt entre deux rames, se dessinait une bien étrange diagonale qui m'est apparue comme "la diagonale du fou"... 

En haut à gauche, l'affiche d'une adaptation d'un texte d'Eric-Emmanuel Schmitt, intitulée "la trahison d'Einstein" bien dessinée en lettres majuscules bien grasses. 

Et puis, à l'opposé plus bas vers la droite, l'affiche d'un spectacle intitulé "Mein Kampf" avec à côté de ce titre et entre parenthèses la mention "farce" et un portrait d'Adolf Hitler...

Tout à coup, cette évidence, Einstein devenait le traître et Hitler une farce... Un frisson m'a parcouru tout le dos car je voyais se jouer devant moi sur ce gigantesque panneau ce que l'on peut nommer "inversion maligne" dont parlait si bien Michel Tournier je crois. 

Cette vision m'a donné la nausée jusqu'à faire émerger au plus profond de moi, un sentiment d'impuissance infinie qui n'a fait que s'accentuer à l'écoute des informations rapportant des rassemblements parisiens répugnants et nauséabonds où les protagonistes se jouaient de l'Histoire en brandissant des ananas et en se signant avec "fureur". 

Heureusement, il y a eu aussi Cordoue, ville que je chante dans mon spectacle "Bleu Azur" et que je découvrais avec beaucoup d'émotion pour la première fois.

J'y ai chanté un psaume et ai invoqué Averoes et Maimonide pour qu'un peu de leur lumière intérieure vienne éclairer le monde d'aujourd'hui... et toutes ces âmes qui semblent bien égarées, suffisamment en tous cas, pour ne pas s'autoriser une pensée personnelle... 

S'autoriser après tout, c'est devenir auteur pour donner sa "respons" personnelle, c'est à dire, devenir responsable de sa parole et de ses actes non pas seulement pour soi mais surtout aussi pour les générations futures... 

 

Mitchélée, janvier 2014 

 

Quand j'ai écrit ma précédente parole du moment en hommage à Nelson Mandela, j'avais omis de vous raconter un fait important de ma vie. 

Qu'à cela ne tienne, il n'est jamais trop tard ! 

Cela se passait en juin 89 aux Etats-Unis où je suis allée vivre quelque temps. Une nuit, je fais un rêve assez incroyable, très précis où je vois se réaliser trois choses : 

- la première : le mur de Berlin séparant l'Allemagne de l'Est de l'Allemagne de l'Ouest s'effondre 

- la deuxième : Nelson Mandela sort de prison pour devenir  Président d'Afrique du Sud. 

Comme ces deux parties de mon rêve se sont réalisées, vous me demanderez  peut-être quelle était la troisième ? 

Eh bien, voilà, la troisième, je l'ai vu aussi clairement que les deux autres : une longue et joyeuse marche de femmes de toute la terre retirant leurs voiles et autres bouts de tissus recouvrant leurs visages et leurs cheveux et les faisant voler au vent en riant, enfin libres de se laisser caresser par ce dernier... 

Dans ma vision, elles éclataient de rire et se regardaient toutes avec bonheur et espièglerie... 

J'ai confiance, le troisième volet de mon rêve se réalisera un jour et je mets cette intention en cette nouvelle année 2014. 

Que la joie et les rires pénètrent à jamais dans le coeur des humains... et que nous puissions toujours contempler le visage de l'autre ne serait-ce que pour l'envisager. 

 

Mitchélée 

décembre 2013 (publié le 5 janvier 2014)

Ma parole du moment est publiée un peu tardivement car, au moment où je voulais la publier, nous avons perdu  Notre Nelson Mandela,  Notre Madiba que nous espérions éternel, témoin vivant et unique de la possibilité pour un humain d’être tout autant résistant que réconciliateur. Je n’ai pas voulu écouter les milliers d’hommages visuels et audios préparés (à l’avance) par les journalistes. Non, je n’ai voulu que le regarder monter sur scène à l’occasion d’un concert de Johhny Clegg et danser sur le titre écrit pour lui « Madiba » (le fameux Asimbonanga) et qui dit en substance :

Nous n'avons pas vu Mandela  dans l’endroit où il est,  à l'endroit où on le retient prisonnier

Oh la mer est froide et le ciel est gris, regarde par-delà l’île jusqu’à la baie. Nous sommes tous tels des îles jusqu’à ce qu’un jour, nous traversions l’eau brûlante.

Un goëland vole par-dessus la mer, c’est d’un silence brisé que je rêve, silence qui trouve les mots qui réduisent la distance entre toi et moi.

Avant de demander au public de reprendre le chant à l’unisson, Madiba prend la parole  et dit : « it is music and dancing that make me at peace with the world and at peace with myself »... « c’est la musique et la danse qui me permettent d’être en paix avec le monde et en paix avec moi-même ».

Je dirais pour faire un tissage entre ces mots qui me sont venus  pour rendre un dernier hommage à Nelson Mandela, et ceux que j’avais préparés pour ma parole de novembre, que notre Madiba avait le pouvoir de féconder du divin dans chacune et chacun d’entre nous dès lors que nous étions récepteurs de sa présence exceptionnelle. Nous sommes à notre tour féconds lorsque nous engendrons par notre regard du divin dans le visage de l'autre... Nelson Mandela était un Maître en la matière... 

Mitchélée

Novembre 2013 (mise en ligne le 13 décembre)

 

Je n’aurais jamais pensé que j’aurais un jour à choisir entre un service en argent et mes vieux cahiers de chants-de-quand-j’étais-petite... Peu importe les circonstances qui m’ont amenée à devoir faire ce choix... c’était vite vu, j’ai choisi mes vieux cahiers de chants... Il est vrai que l’argenterie d’une grande valeur marchande aurait pu me donner un peu de souffle mais indéniablement, ce sont ces petits cahiers recouverts de mon écriture encore enfantine qui m’en ont donné encore plus. Et voilà que j’ai retrouvé mes préférés de l’époque : Moustaki, Ferré, Gérard LeNormand ou Michel Fugain mais aussi toutes les « chansons de colo » que je connais encore miraculeusement par coeur dès que vous me donnez la première phrase, voire le premier mot... Aujourd’hui, les enfants n’ont plus de « cahiers de chants » car, dès qu’ils ont besoin de « paroles » (ils disent maintenant « lyrics », le mot anglais), ils vont sur Google ou tout autre site de recherche et hop, ils ont les mots qui s’affichent immédiatement, bien plus vite que le temps qu’il nous fallait à nous d’ouvrir notre carnet à la bonne page. Oui, nous disions parfois cahier, parfois carnet mais c’était toujours « de chant » qu’il s’agissait. Le carnet ou le cahier avait cela de bien que pour chercher un chant, il fallait en parcourir plusieurs, souvent en les chantant du coup aussi, tant ils nous donnaient tous envie de retrouver la mélodie... c’est ce que je fais depuis que j’ai récupéré mon carton plein de chants... Je me souviens que nous nous rejoignions entre voisins de notre rue et que nous installions des chaises sur les trottoirs et tous les soirs, nous parcourions pour les plus valeureux dont je faisais évidemment partie, tous les carnets. Nos mères tricottaient et discutaient de tout, de rien, de l’essentiel quoi et, quand le soleil se couchait, nous y allions aussi avec des chants pleins la tête et le coeur... « elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline... » « aux marches du palais... » « Eh garçon, prends la ba-a-rre, vire au vent et largue les ris... » « Ma mè-reu qui m’a nourrie n’a jamais connu mon nom... ohé ! »  « C’est l’enfant de la misè-reu... » « et j’irai dans la joie, et j’irai dans la pei-neu, vers la clarté, sur la route d’amitié... »  « Tous ensemble que l’on est bien, chaque jour qui passe nous est un nouveau lien, le bonheur d’être unis, qu’il n’ait jamais de fin... »

 

Ah qu’il n’ait jamais de fin, ce bonheur de chanter ensemble... ça va être difficile de sortir les ordinateurs pour nous retrouver sur les trottoirs ! A moins que... une bonne panne d’électricité sur plusieurs semaines, peut-être ?!? Allons, ne me rendez pas responsable si cela arrive, nous y allons tout droit sans mon aide... prenez de l’avance et fabriquez déjà vos carnets de chants...

 

Mitchélée

Octobre 2013

"Sais-tu petit qu'une seule de ces pierres lancées dans l'océan peut tuer tous les poissons ?" 

Cette réplique est l'une des nombreuses savoureuses répliques du merveilleux dernier film d'Alejandro Jodorowsky, "la danza de la realidad"... Une perle rare, une pure merveille !!! 

Un film performatif qui vous répare et vous guérit l'âme en même temps que la pellicule se déroule... on y rit, on y pleure, on y retrouve son âme d'enfant côtoyant en nous la lucidité de l'éveillé... c'est aussi et surtout une occasion pour notre créativité d'y prendre un bain de jouvence... salutaire, en ces périodes troublées...

Ah cet Alejandro, quel grand poète, quelle âme... un créateur perclus de bienveillance et d'amour pour les êtres et le monde... 

Un merveilleux film pour infinir ce mois de septembre et reprendre les répétitions pour le spectacle du 15 octobre, avec ce je-ne-sais-quoi d'âme supplémentaire dans le coeur...

Bel automne à chacune, chacun et que bientôt un flamboyant automne vienne réchauffer nos âmes de ses couleurs chaudes... 

Mitchélée 

Septembre 2013  

Après-demain, c'est la rentrée... déjà. Je ne peux m'empêcher de repenser à l'été sombre de l'année dernière qui a emporté deux de mes amis : Marc et Itzhak. 

Cet été 2013 nous a "ramené" deux autres amis à la vie. Et je rends grâce pour cela. 

En cette rentrée, je songeais aussi à certaines étymologies proposées pour le mot "péché" pour plusieurs raisons : 

d'abord, parce que mon ami Patrick Lévy va sortir le 2 septembre prochain son deuxième volume du "kabbaliste" où Rabbi Isaac fait "enfin" la peau à la notion de péché originel et surtout réhabilite cette pauvre Eve... En ces temps tourmentés pour les femmes, l'ouvrage aura un effet pour le moins explosif sur les consciences... en tous cas, je l'espère... ;

ensuite, parce qu'on nous a rebattu les oreilles avec ce péché originel, les sept péchés capitaux et tout "le truc et son train", sans nous informer du véritable péché que nous sommes tentés de tous commettre à bien des moments de notre vie... celui de désespérer ! 

Evidemment, le péché ici reprendra le sens de ce qui n'est pas à sa place, de ce qui nous crée du tort, du dommage... mais aussi par extension dans sa forme verbale : ce qui nous fait faillir, ce qui nous fait défaut... 

En effet, nous perdons notre axe quand nous n'espérons plus. 

Et il me semble que c'est à ce moment là que nous sommes en dehors de la cible, celle qui invite le mouvement permanent du vivant. 

La résurrection de mes deux amis cet été est un rappel bouleversant de notre devoir d'espérer... 

Mitchélée, août 2013

"Bleu Azur" a été donné 26 fois, 24 représentations + une "générale" + une journée de "filage". 

Pourtant, ce spectacle est resté une vraie surprise pour moi. à chaque fois... 

"La beauté devant moi, fasse que je marche..." que ces mots avaient une saveur et une profondeur toute particulière pour moi qui était encore alitée quelques semaines avant le festival... 

J'étais interpellée par chaque conte, chaque parole, chaque chant... intérieurement, je vivais une présence intense, de tous les instants, un relief toujours plus vivant, une surprise, un étonnement... 

J'étais heureuse que Patrick, mon musicien, partage cette sensation d'étonnement... lui non plus, ne s'est jamais "lassé" tout au contraire :  chaque soir était une re-création... 

C'est intense à vivre cela et... pas étonnant que cela soit tout à coup, pesant, lourd, de retrouver la réalité du défaire ses bagages, passer au pressing pour les tenues de scène, faire les courses... remettre dans les boîtes les accessoires du spectacle.

L'enjeu, après une expérience si intense, c'est de continuer de goûter dans le quotidien la joie du vivant, du mouvement même le plus infinitésimal... goûter la vie quoi, comme elle va... 

C'est décidé, je reste en "vacance" totale pour laisser venir ce qui doit venir...

Mitchélée

Juillet 2013 (mis en ligne début août)

Quand j'avais reçu ces mots de Christian Bobin : "vous êtes une femme de guerre - et vos armes, la douceur et le songe", j'étais perplexe. Je me sentais plutôt une femme de paix. Et puis, en préparant Avignon, j'ai vite compris à quel point, le poète, décidément  est un prophète... Il aura fallu beaucoup d'énergie pour parvenir à cette veille de départ pour Avignon. Beaucoup d'énergie pour me retrouver debout malgré les hernies discales et autres cruralgies... malgré les douleurs qui ne se font pas oublier si facilement. Je pratique autant que je le peux ce qu'on appelle aujourd'hui la "pleine conscience" mais qui a surgie en moi très spontanément depuis toute jeune tant je souhaitais que la souffrance ne prenne pas toute la place. Alors oui, le poète a raison, c'est une guerre permanente à mener pour ne pas se laisser envahir par le désespoir, c'est un combat pour la vie, le vivant, la joie... 

Mais c'est aussi une expérience de vraie solidarité de la part de "mes souscripteurs associés" et de mes "producteurs associés"... une magnifique expérience humaine. 

C'est peut-être de l'expérience de cette traversée là que je souhaite imprégner chacune des représentations de "Bleu Azur".

Je prie pour qu'il me soit permis de rester debout tout le mois au service de ce spectacle et de cette vie que je ne cesserai d'aimer infiniment. 

Mitchélée,

Juin 2013

En mai, fais ce qu'il te plaît et ce qu'il ne te plaît pas ! 

Ce qu'il te plaît : bonheur de chanter à Tapovan et de pouvoir "inciser l'attention pour qu'elle devienne écoute" comme l'a si bien formulé l'ami Alain Porte.

Bonheur de finaliser mon CD "Bleu Azur" et de l'envoyer enfin à la fabrication. En tant que "Master", il est encore un objet qui conserve son "aura" comme l'exprimait Benjamin mais fabriqué en nombre, il devient "produit" et je ne peux qu'espérer que l'intention que j'y ai mise permettra à ce produit de garder la lumière de son aura première ! Un moment difficile, véritable accouchement d'une période de gestation marquée par la perte de mon amie Marie-Jeanne mais j'espère transformé en une source d'eau vive pour qui l'écoutera... 

Et puis ce qu'il ne te  plaît pas : la visite des huissiers qui vous menacent tout en vous affirmant que vous n'êtes pas concernée, que leur démarche ne vise que vos propriétaires mais en attendant vous subissez un irrespect total de votre demeure... 

Le monde doit-il nous présenter constamment cette stéréophonie dissymétrique où se contrebalancent le plus poétique et le plus totalisant ? 

Difficile pourtant de contrebalancer par le poétique les effets d'une société qui prône la transparence jusqu'à ne plus respecter l'intime. Une société qui à force de se vouloir démocratique n'en devient pas moins sournoisement une société totalitaire qui éradique, sous couvert de respecter les opinions, les voix du bon sens.

"Habiter le monde en poète" est la seule façon que j'ai trouvée pour ne pas me faire absorber par le nihilisme ambiant.

Je parle ici depuis un point "sujet" non réductible à aucun attribut...

depuis ce point irréductible de ma liberté absolue.

Mitchélée

mai 2013  

 

Demain, c'est déjà le 1er mai, jour de pause que l'on nomme pourtant "fête du travail". J'aimerais trouver à cela une interprétation poétique. Pour moi, il s'agit de fêter ce travail qui se fait à l'intérieur de nous-même, dès lors que nous acceptons de cesser toute activité. A cet égard, ce jour serait une sorte de shabbat ou de dimanche, où cette cessation redonnerait toute sa place à un ailleurs que d'aucun n'a plus le temps de fréquenter : regarder pousser les fleurs, mijoter longuement un bon petit plat, se poser pour étudier et surtout se poser pour penser...

Ce travail de la pensée est visible, palpable dans le très beau film consacré par Margarethe von Trotta à Hannah Arendt. Quelle intelligence dans ce film où la pensée danse dans les volutes de la fumée des cigarettes qu'Hannah fume allongée sur une méridienne. Margarethe von Trotta nous donne à voir et à ressentir le temps nécessaire à l'élaboration de cet antidote au totalitarisme qu'est la pensée. Penser ne consiste pas à réduire mais à élargir, à inclure...  à insister pour voir et entendre intérieurement à 360° (comme c'est le cas dans l'écoute) par la pensée. A refuser tout point aveugle qui viendrait appauvrir  voire stopper le processus de la pensée. C'est toujours éminemment courageux de se débarrasser des points aveugles souvent laissés à notre insu ou pas,  par une éducation aux formulations toutes faites, un prêt-à-penser mais aussi par certains traumatismes vécus au fil d'une existence...  

Se débarrasser de ses points aveugles est un chemin très sûr vers la liberté. Penser est assurément un processus d'émancipation.

J'ai eu l'occasion d'écrire deux articles là-dessus dans la revue Insistance, "le nécessaire jardin secret" et "l'israëlité, une expérience singulièrement universelle", référencés dans la rubrique "écrits".  

Par contre, et bien que je ne sois pas fumeuse (je chante),  j'ai apprécié que la cigarette, véritable outil dans la pensée d'Hannah, soit très présente dans ce film révélant chez moi, une certaine nostalgie d'une liberté à jamais disparue dans nos sociétés occidentales d'aujourd'hui.  En sortant, je me suis dit qu'à 80 ans, si je suis encore là, je m'y mettrai aussi...

Subversif non ? 

 

Mitchélée, avril 2013 

Cette année, Pâques juive et chrétienne coïncident... 

Pâque est l'une de mes célébrations préférées, sous toutes ses formes... elle est joyeuse et nous fait méditer sur la liberté et la résurrection... 

Pour l'une, sur la possibilité que nous avons à chaque instant de choisir la liberté, d'exercer notre libre arbitre quelles que soient la difficulté du contexte et les circonstances de ce choix et, pour l'autre, sur le fait que nous pouvons à chaque instant renaître comme s'il était le premier de tous les instants... 

Que feriez-vous s'il ne vous restait qu'un instant à vivre ? C'est une question qui ne devrait jamais quitter nos esprits. Une question qui nous oblige à une attention permanente et cette attention permanente constitue en soi, la recette infaillible de l'état d'éveil. 

Cet état est joyeux  et c'est peut-être pour cela que Pâques juive et chrétienne sont saluées d'un "joyeuses pâques" ou d'un "que la fête soit dans la joie". 

Aussi joyeux que la transformation dans la Pâque juive de ce qui est aliénant en mouvements émancipateurs. Aussi joyeux que les cris proclamant la résurrection du Christ dans la Pâque chrétienne. 

Mon ami Steve Jourdain disait : "nous sommes le prisonnier, la geôle et le geôlier, nous avons la clef mais nous ne l'utilisons pas !" 

Que l'on soit croyant ou non, pratiquant ou non, laïc ou religieux, Pâque est probablement le plus universel des rappels de ce pouvoir immense que nous possédons à l'intérieur de nous-mêmes pour sortir de la mort et entrer dans la vie... 

Les métaphores, qu'elles soient "ouverture de la mer rouge" ou "Passion", sont à l'aune de ce combat intérieur titanesque que chacune, chacun d'entre nous doit mener pour se libérer de la pétrification de l'aliénation et entrer dans le mouvement et dans la vie... 

On se relève, épuisé du combat mais on se relève humain, fondamentalement... et pour toujours...

 

Mitchélée, mars 2013

 

Récemment, j’ai fait un rêve très spécial. Notre mère la Terre pleurait et me montrait le sang qui coulait de ses entrailles. Ce sang était ensuite recouvert d’une fine poudre blanche destinée à masquer ses blessures mais le sang suintait et émergeait de toutes parts, souillant inexorablement cette poudre immaculée. Plus les humains rajoutaient de poudre pour masquer les dégâts occasionnés, et plus cela suintait faisant apparaître les blessures.

La Pacha Mama, notre Terre Mère, c’était elle, s’est adressée à moi dans ce rêve : hija mia, dis-leur que je souffre, que je suis blessée. J’ai ressenti profondément la douleur de ma mère comme si elle était mienne et j’ai promis de mettre ma voix au service de la cause de ma Mère la Terre. Je me suis réveillée en larmes et le jour même, j’ai reconstruit mon spectacle « Bleu Azur » en y ajoutant le chant quechua à la Pacha Mama. Ce chant est devenu le point d’orgue de ce spectacle que nous présenterons à Avignon en juillet prochain avec Patrick.

Quelque temps plus tard, je tombais sur une vidéo montrant la manière dont le gaz de schiste était prélevé de la Terre. Celle-ci est entaillée en profondeur à la verticale puis par couloirs horizontaux. C’est une véritable destruction rizhomatique de notre Mère nourricière...

Quand j’ai vu cette vidéo, je me suis mise à pleurer... je retrouvais, intacte, les blessures de ma mère... elles étaient miennes...

Je vous en conjure, dites non au gaz de schiste, viscéralement, tout aussi viscéralement que vous souhaitez dire non à l’alimentation des poissons avec des farines animales...

Nous le savons aujourd'hui, la Science peut tout ! Mais nous, nous pouvons choisir entre celle qui a une conscience (Galilée) ou celle qui n'en n'a pas (Mengele)... 

 Galilée ou Mengele ? 

 

Mitchélée, février 2013

 

Etre attentif, voilà une chose qui pourrait sauver ce monde... Quand on est attentif, on pratique systématiquement la "non-division", la règle du tiers inclus limitant ainsi le risque de "ne pas calculer" l'autre comme on dit dans la banlieue. Cette attention constante, portée à tout ce qui nous entoure est aussi un antidote puissant contre le poison du temps qui s'accélère et qui, si l'on n'y prenait garde, constituerait l'excuse systématique à nos manquements... 

On ne peut être parfait, me direz-vous et vous aurez raison. On ne peut être parfait mais il y a manquements et manquements. 

Il y a ceux qui nous amènent parfois à nous excuser auprès de celles et ceux que nous pourrions avoir blessés par manque d'attention, par étourderie...  Ces manquements-là sont comme des pavés qui jalonnent le chemin de la conscience... 

Mais il y a les manquements impardonnables,  les "gaffes"  pouvant créer de véritables tsunamis destructeurs, voire irréparables  a fortiori, quand ils sont commis  par  des  Etats ! 

Même si nous voulons les définir comme "gaffes", créditant ainsi les acteurs impliqués du bénéfice du doute, elles restent, en réalité, impardonnables ! 

Hier,  le 30 janvier 2013 commémorait les 80 ans de l'accession au pouvoir du chancelier Adolf Hitler.

A cette occasion, une grande exposition a été organisée à Berlin intitulée "La chasse aux artistes juifs". Le matin même la chancelière Angela Merkel avait (je cite la journaliste d'Arte) "ré-exprimé la responsabilité permanente de l'Allemagne pour les crimes nazis". 

Ce même jour, la même chancelière, recevait un Frère Musulman, le Président égyptien Morci.

Et pas de n'importe quelle façon : on lui a déroulé le tapis rouge !!! 

C'était indéniablement la bonne couleur ! Rouge sang, rouge crimes... d'hier et d'aujourd'hui.

Et lorsque l'on se rappelle les liens entre les Frères musulmans, le grand Mufti de Jérusalem et Adolf Hitler, l'on prie pour qu'il ne s'agisse que d'une "gaffe" de l'administration allemande. 

Moi qui pensais écrire une parole poétique de mon cru,  j'ai sans doute, à mon insu, été convoquée par tous ces artistes assassinés...

Du coup,  ne me sont venus que ces mots pleins d'une question effrayante : est-ce parce que le Grand Mufti de Jerusalem était nazi d'honneur que le Président Morci, frère musulman, a été reçu en grande pompe précisément ce jour-là ? 

 

Heureusement, un espoir est venu aujourd'hui me sortir de mon effroi :  "le Mali n'a plus le blues !"... Les instruments de musique y sont enfin revenus !

 

Mitchélée, janvier 2013

 

Lorsqu'on a fait la fête et qu'on a fait bonne chère, il est bon de consommer des légumes un peu amers comme des endives ou des artichauts. Ils font beaucoup de bien au foie et leur effet est presque immédiat ! 

Il n'en n'est pas de même pour les blessures profondes, l'amertume de l'absence, les chagrins de la vie... 

Rien n'y fait, l'amertume est en vous et c'est elle qu'il faut chasser d'urgence pour que la vie reprenne ses droits... 

Pour que vous récupériez la foi ! 

Ma voix est étouffée de larmes qui ne débordent pas de peur d'inonder ce qui m'entoure... C'est le moment des longues marches sur la plage désertée et du vent qui vient fouetter le visage. C'est le moment de la difficile traversée du chagrin dans une solitude intérieure inévitable. C'est le moment des questions du genre : "où va la neige quand elle a fondu ?"... où vont les gens que vous avez aimés et qui ne sont plus ? Où vont les notes des sonneries de téléphone que les disparus ne feront plus tinter ? 

Je suis un être pour la vie, plutôt "bonne vivante" et joyeuse mais rien n'y fait, ce passage, je ne peux en faire l'économie. Un jour, quelqu'un que j'apprécie particulièrement m'a demandé comment on faisait pour ne pas se laisser submerger par les émotions, comment prendre de la distance. Si je devais donner une réponse aujourd'hui, je lui dirais que la seule possibilité que nous ayons est de nous laisser traverser par elle en regardant la souffrance qu'elle génère, en étant témoin de cette souffrance, en l'acceptant pleinement jusqu'à que nous nous "récupérions" comme lorsque nous manquons d'air après avoir couru désespérément pour attraper le bus et que nous devons absolument faire halte pour récupérer. Ce moment passé, "remis de nos émotions" comme nous le dit fort justement l'expression, un oiseau se met à chanter, un rai de soleil traverse l'endroit où nous sommes, une pluie fine vient nous rafraîchir le visage, un bruissement de feuillages et nous voilà de nouveau émerveillés par le vivant... Bien sûr, le chagrin ne nous quitte pas mais nous comptons sur "l'ami temps" pour qu'il ne prenne plus toute la place, pour qu'il ne nous réduise pas à lui-même... J'aime particulièrement cette phrase que mes amis américains, quand j'habitais là-bas me répétaient sans cesse et qui me faisait rire invariablement : "life is a bitch, and then, you die...", ce qui veut dire mais c'est moins drôle en français : "garce de vie et après... tu meures !"... Mon ami Dan me rappelait qu'au milieu de cette certitude, il y a la musique. 

Marie-Jeanne adorait la chanson : "le doux caboulot fleurit sous les branches et quand vient dimanche, plein de populo..."

Je me surprends en écrivant ces paroles à les fredonner... 

Demain, quand le soleil se lèvera, je me lèverai aussi... 

 

Mitchélée, décembre 2012 

 

J'étais sur le point de rédiger ma parole du mois de novembre quand celle-ci fut transformée en un bégaiement qui a duré plus de quinze jours... L'espace d'un trou immense, d'une béance absolue laissée par ma grande amie, décédée le jour même de mon anniversaire... précisément la veille du jour de rédaction de ma "rubrique" mensuelle. 

Nous étions "famille", soeurs d'âme... Aujourd'hui, mon amie est retournée dans l'île de son enfance, sur les traces laissées par les roues de son vélo quand elle parcourait avec tous ceux qu'elle aimait et dont j'avais le bonheur de faire partie, les chemins dessinées dans les vignes et les marais salants. 

Aujourd'hui, 17 jours après, je m'interroge sur ce qu'est la famille. Jusque là je n'y avais pas songé. Pour moi, il n'y a toujours eu qu'une seule famille, la grande famille humaine... Mais la vie m'a fourni l'occasion d'y regarder de plus près... 

En fait, j'aime l'étymologie du mot famille car en réalité, sous un aspect rugueux, elle est plutôt poétique à mon sens. 

      Du latin familia (ensemble des habitants  de la maison), dont le sens premier était «réunion d'esclaves sous l’autorité d’un maître». 

      Il dérive en effet de famulus ou famul  désignant le «serviteur, l'esclave ». (sce Wikipédia)

La famille, c'est donc l'ensemble des habitants d'une même maison. C'est curieux car dans mon dernier spectacle, je disais que passer d'une langue à l'autre au niveau des chants, c'était comme passer de la cuisine au salon ou à la chambre dans cette grande maison que l'on nomme le monde, notre planète toute bleue... Mais j'aime de quoi dérive ce mot qui nous vient de "serviteur". Peut-être que finalement une vraie famille est constituée de celles et ceux qui se mettent au service de la beauté du monde, notre maître à tous. Oui, décidément, mon amie et moi, étions de la même famille... Indéniablement !

Un jour j'ai entendu la merveilleuse Anne Dufourmantelle rapporter ce que disait Derrida de l'hospitalité. Je ne me souviens pas des mots exacts mais en substance, il disait qu'être capable d'hospitalité, c'était prendre le risque de voir son hôte demeurer dans sa maison et l'y laisser avec grâce... J'aime aussi la tradition asiatique qui consiste à faire en sorte que votre hôte ne perde jamais la face. Je trouve qu'elle rejoint d'une certaine façon cette idée forte de Derrida. Dans le cours de la vie, des familles d'esprit se composent au gré des résonances et de ce qui les fait "vibrer ensemble". 

La véritable hospitalité à mon sens, c'est que lorsqu'un membre est tout naturellement intégré, à aucun moment et de quelle que façon que ce soit, l'on ne devrait lui rappeler qu'il ne fait pas partie de la "vraie" famille d'origine...

Mon amie était capable de cela... C'est drôle, à aucun moment, jamais, dans le temps de notre relation, je n'ai douté être "famille". Dans toutes ses paroles et ses gestes, elle pratiquait invariablement la règle du "tiers inclus".

C'est certainement cela qui fait que des êtres comme elle sont rares et précieux pour le monde... Ils méritent largement d'être salués par cette citation formidable du Dalaï Lama qui m'a été rapportée par mon ami Patrick Lévy au plus vif de ma douleur : "Ne vous lamentez pas d’avoir perdu ce que vous avez aimé, ne vous privez pas de connaître ce qui disparaîtra, réjouissez-vous de l’avoir connu"...

 

Mitchélée, le 17 décembre pour le mois de novembre 2012

 

God, shall I be singing when I die...

J’ai eu le privilège de revoir Ustad Sayeeduddin Dagar, mon vieux Maître de chant Dhrupad de passage à Paris... Il y a encore quelques mois, gravement malade, il avait été hospitalisé et avait été privé de voix pendant presque trois mois. Et là, nous chantions ensemble, un jour fameux de grand vent parisien. Il était assis en face de moi légèrement sur ma gauche et pendant que nous nous concentrions sur le chant, je pouvais de temps en temps ouvrir mes yeux et contempler le ciel depuis la baie vitrée juste à ma droite... Mon vieux Maître a commencé à chanter et c’est un filet de voix, tout petit, qui sortait de lui. Un immense nuage noir barrait le ciel au moment d’entamer le chant mais le vent soufflait si fort que bientôt, ce plafond de ciel noir fût balayé pour laisser entrevoir une infinité de couleurs subtiles, bleu ciel, bleu azur, bleu plus profond, blanc, blanc rosé, blanc gris clair... la subtilité de toutes ces variétés de couleurs n’avait d’égale que la subtilité contenue dans le filet ténu de la voix de mon vieux Maître... Il avait les yeux fermés et ne saura jamais la brillance des larmes qui coulaient sur mes joues... Toute une vie de travail de chant dans ce filet de voix, offrant la grâce comme intensité, comme profondeur, comme expression.

Je me suis rappelée, en résonance, la fois où, lorsque j’habitais aux Etats-Unis, j’ai eu l’immense bonheur de voir Noureyev dans l’un de ses derniers ballets. Il était âgé, malade, n’offrait pas des sauts de très grande amplitude. Pourtant, la grâce était palpable entre le sol et ses pieds. Je me souviens non pas avoir pleuré mais je me souviens, tout comme je l’ai expérimenté dernièrement avec mon vieux Maître de chant, avoir « été pleurée »... C’est un flot incontrôlable de joie profonde, de celle qu’on éprouve face à une oeuvre d’art qui nous touche, de celle que probablement Rilke a éprouvé, quand, un soir, seul dans l’atelier, touchant un buste de Rodin, le mouvement invisible des mains de Rodin, l’ont sorti de sa torpeur, de sa mélancolie...

Que de beauté à écouter, que de beauté à entendre... cette beauté-là, c’est ça Prâna, cette substance, ce souffle nourricier, que beaucoup cherchent dans de longs moments de méditation mais qui est là, partout, dans la beauté d’un geste, d’un visage, d’un mouvement... Si j’avais, en cet instant, une prière à formuler, ce serait que chacune, chacun, quelle que soit l’intensité de la tourmente qu’il ou elle traverse, puisse rester attentif et prompt à recevoir ce souffle nourricier chargé de perles de grâce...

Mitchélée, octobre 2012

 

Rencontrer quelqu'un, ça n'est en aucun cas rencontrer des attributs ou une succession de définitions identitaires ou sociales (l'âge, le genre, la religion, la nationalité, la profession, les diplômes, le lieu où il est né, où il habite même) ou autres étiquettes... Non, ça n'est pas ça.  

Rencontrer quelqu'un, c'est rencontrer un sujet que nous percevons a priori comme libre de toutes représentations que l'on pourrait s'en faire. 

Et si, de l'autre côté, l'on pouvait se défaire soi-même de toutes les tentations de définition ou autres représentations que l'on pourrait se faire de soi-même, 

eh bien, dans cette absence réciproque d'images et dans cette attention que l'on pourrait avoir l'un envers l'autre, nous deviendrions, à chaque instant, 

deux sujets libres dansant et chantant au diapason d'un accord dont la profondeur serait non seulement universel mais carrément cosmique. 

- Le véritable blasphème pour moi, consiste à engluer un sujet dans une appartenance de telle façon qu'il ne puisse plus jamais se vivre libre de cette appartenance sous peine d'y perdre jusqu'à sa vie. 

- Le véritable blasphème pour moi, c'est de réduire un être vivant à une étiquette identitaire quelle qu'elle soit. 

- Le véritable blasphème pour moi, c'est d'empêcher tout individu de se défaire des milliers de peaux qui lui ont été imposées ou qu'il a même choisi à un instant précis de sa vie, et de l'empêcher d'accéder à sa dimension de sujet libre à l'écoute de toutes les possibilités qui s'offrent à lui dès lors qu'il se contracte en ce point zéro de son essence irréductible à tout étiquetage... 

- Le véritable blasphème pour moi c'est de faire violence à un être vivant, quel qu'il soit, au nom d'une idéologie et/ou au nom du Divin. 

Que de morts pour des représentations virtuelles de ce qui devrait rester pour les croyants l'irreprésentable !!! 

Il me semble que si la foi des croyants offensés était vaste et inébranlable, elle ne pourrait être ébranlée ni par des dessins ni par des mots, si insultants soient-ils

S'il y a adhérence (c'est-à-dire penser que le Divin puisse être réellement souillé) et donc, s'il y a offense, c'est qu'il n'y a pas de foi ! 

Il devient donc urgent de revenir à soi comme sujet libre pour ne pas finir totalement collé à ses étiquettes... 

Quant aux fournisseurs de dessins ou autres vidéos méprisants ou insultants, je me rappelle de cette très belle phrase d'Henri Alleg qui avait vécu la torture en Algérie et qui disait avoir compris, depuis sa cellule, que les insultes, ne le souillaient pas lui mais souillaient ceux qui les proféraient. 

Je crains hélas que l'ignorance et la bêtise soient les deux faces d'une même pièce que chacun prétend être faite en or vertueux... 

 

Nous sommes responsables pour le monde et donc pour les générations futures de la qualité des mots que nous prononçons... 

 

Mitchélée, septembre 2012

 

Une perception fine colore ma rentrée cette année. Le sentiment que tout est à sa place : l'artiste en exil de lui-même pendant qu'il crée, la fleuriste qui prépare le bouquet, le poissonnier qui découpe avec précision des filets, l'enfant qui joue au ballon dans la rue pour faire durer l'été, la dame "Alzheimer" qui cherche son chemin, le vent qui frémit dans les feuillages qui en frétillent de bonheur, les nuages qui passent sans relâche, le soleil qui se prépare à se coucher. 

Tout est paradoxalement à sa place dans ce monde turbulent. Je ne peux m'empêcher, pendant un instant fulgurant, de marier  la poésie de Christian Bobin avec "le monde d'hier" de Stéphane Zweig. 

Mitchélée, août 2012

Un été empreint d'amis qui nous quittent. Qu'ils aient choisi de "tirer leur révérence" ou qu'ils aient reçu "le baiser de l'ange", ils nous manquent déjà terriblement. 

Prendre le temps, dans ce temps qui s'accélère sans relâche estivale, de les pleurer, de rire des beaux moments passés ensemble et de les saluer... 

Se recharger pour une rentrée qui nous demandera de se tenir solidement en équilibre... toujours au bord du gouffre... comme disait le grand poète Roberto Juarroz. 

Mitchélée, juillet 2012

 

La nuit qui a précédé mon spectacle du 14 juin au Mandapa, ma petite voix intérieure m'a questionnée. Oui, c'est vrai, tu chantes pour faire entendre le silence mais que souhaiterais-tu dire à ces personnes qui viendront écouter "Bleu Azur". 

La réponse m'est apparue tout aussitôt : je crois que décidément, chanter est ma façon à moi de prendre chacune, chacun dans mes bras. Une étreinte, un darshan, mais... sonores... J'ai pu m'endormir juste après ce petit entretien avec moi-même et j'ai été heureuse de pouvoir dire cela à celles et ceux qui étaient présents ce soir-là : je vous prends dans mes bras ! Et je remercie le ciel "bleu azur"...

 

Mitchélée, juin 2012

Pour la chanteuse, conteuse et pédagogue de la voix que je suis, c'est tous les jours, la journée mondiale de la voix...

 

Mitchélée, mai 2012

Finalement, le plus sympa, c'est l'entre deux tours des élections présidentielles où tout est suspendu, dans une certaine quiétude, presque "bon enfant". Moments précieux où rien ne s'est encore joué... Les gens se sourient plus volontiers dans le métro non ? On s'attendrait presque à ce que les transports en commun s'arrêtent pour nous permettre d'écouter le bruit du vent. Délice d'un avant... souffle à consommer sans modération...

 

Mitchélée, avril 2012

Chaque jour,  pour aller faire mes courses ou prendre le bus, je passe devant la vitrine d'un établissement de pompes funèbres qui, en ce moment, propose la publicité suivante : 

"Préparez vos obsèques à l'avance avec un financement de

15,37 €/mois"

Vous avez bien lu, il ne s'agit pas de financer un voyage en Inde ou d'agrandir la maison ou bien encore d'offrir des cours de guitare au petit, non, non, il s'agit de financer sa mort. 
Jusqu'où irons-nous dans l'absurdité des exigences d'une société qui ne sait plus que nous proposer pour consommer plus ? 

A quand la réservation d'une limousine pour le dernier voyage ? 

Décidément, j'opterai pour la fosse commune pour aider les fleurs à fleurir sans pourquoi...  

 

Mitchélée, mars 2012